09/11/2007

Libre Belgique (Critique)

Dose de rire mensuelle, à consommer par étapes
Marie Liégeois

Mis en ligne le 09/11/2007
- - - - - - - - - - - 

La Cie Pi 3,14 poursuit son exploration de l'actualité. Posologie : une fois par mois.

L e Mensuel, le magazine théâtral qui vous déshabille". Un petit air de surréalisme bien de chez nous pour donner d'emblée le ton du spectacle : incisif et grinçant.Epluchant chaque mois l'actualité, les cinq joyeux drilles du "Mensuel" ont décidé de relever notre quotidien d'une sauce piquante. Pour livrer une sorte de JT de la scène, séquences, reportages et feuilletons à l'appui.Tout à la moulinetteDans un décor inventif de carton-pâte, Renaud Riga, Baptiste Isaia, Eugène Egle-Corlin, Sandrine Bastin et Sandrine Bergot passent à la moulinette l'orange bleue ainsi que Philippe, Mathilde et la marmaille, les dérives du capitalisme comme les inepties de la situation politique, les bêtises du racisme et la flambée du prix du pétrole.Des brèves qui jouent au ping-pong entre les nouvelles du monde, une vidéo loufoque relatant les charmes de la Belgique profonde, un gang s'adonnant en direct à une prise d'otage bidon, un plaidoyer féroce, en ces temps d'incertitude politique, pour le Grand Jojo et ses chansons : l'équipe s'amuse autant que le public dans cette revue déjantée.Les succulents personnages, quoiqu'inégaux de scène en scène où pointe parfois l'improvisation, émaillent le spectacle. Pétris de bon sens ou de cynisme, décalés et pertinents. Avec une mention spéciale à l'exquis Monsieur Météo de Renaud Riga qui, en tirades larmoyantes, passe en revue la couleur du ciel et ses propres états d'âmes.La compagnie a fait également appel à l'écrivain Nicolas Ancion pour un feuilleton à suivre au fil des mois, "Panique au Forem". Une certaine image de la Wallonie, désopilante et désespérante à la fois...Les cinq comédiens, dynamiques et chaleureux, tissent un spectacle tout en complicité et connivence avec un public participatif. Qui risque d'attendre la suite avec impatience.Cela tombe bien : ce condensé de farces, bons conseils et coups de gueule se consomme une fois par mois."Le Mensuel", ce 9/11 au centre culturel Wanze (085.21.39.02), les 3 et 4/11 au Théâtre de la Place à Liège (04.342.00.00), le 6/12 au Centre culturel Jacques Franck à Bruxelles (02.538.90.20), le 7/12 au centre culturel d'Engis (085.31.37.49). La suite de la tournée passera aussi par la Balsamine et le Théâtre de L'L, à Bruxelles.

La Libre Belgique.

08:40 Écrit par Mr Machin dans MENSUEL - infos | Lien permanent | Commentaires (52) |  Facebook |

Commentaires

duo pour violon seul Un jour d’orage, au théâtre de la Valette, à Ittre

http://www.lavalette.be/menu.htm



Duo pour un violon seul, violon-celle que j'aime ...



Un acteur et une actrice criants de vérité et de dynamisme malgré la présence fatidique de la chaise d’infirme. Magnifique intensité dramatique, quasi insupportable, humour empreint de cynisme et de violences : un duel impitoyable s’engage entre la patiente et son psy. Entre les six rencontres, la dimension divine du violoncelle, passion partagée. Les silences, le calme apparent, les questions déstabilisantes sur ton neutre et monocorde que pose le thérapeute sont toutes aussi odieuses. Elles semblent même sortir d’un canevas de routine, comme si indifférent, ou pire, condescendant, il n’écoutait aucune des répliques de sa patiente. Quoi de plus irritant. Vengeance : elle se moque des pilules. Jeux exaspérants du pouvoir, de part et d’autre, attaques, esquives, retraits, ... touché ! A force, on s’apercevra qu’ils s’inversent peu à peu au cours des entretiens. Tonnerre, la colère s’empare de la violoniste désespérée par son sort et son passé tu, la rage au cœur, elle sait qu’elle ne jouera plus jamais. Tout s’écroule si cette maladie dont elle souffre tue le monde merveilleux de la musique qu’elle s’est construit, jeune enfant, à la mort de sa mère. Sa vie repose sur un savant montage. Elle a habité un rêve à côté du monde réel, pour elle, déchiqueté à jamais. Grâce à une volonté de fer, une confiance inébranlable en sa capacité de remonter la pente, une conscience absolue de sa valeur d’artiste… elle croit encore qu’elle sera victorieuse jusqu’à ce qu’elle s’aperçoive bien à contre cœur, qu’elle n’est que cette image fabriquée, dont elle doit faire le deuil. Lunettes noires… Vertu de la colère: dans un affrontement homérique, presque paternel, le médecin lui éclate au visage sa déclaration de guerre absolue contre l’autodestruction sous quelque forme que ce soit, sa lutte frénétique pour la vie. Il l’arrache à ses chimères, elle va devoir vivre la vraie vie et y trouver un sens, rien d’autre que la vie elle-même. Elle a dit : merci. Les lunettes noires sont dans un tiroir.

Viendra-t-elle au rendez-vous suivant ?

L’a-t-il entendue lorsqu’elle lui a dit qu’elle était – déjà – dans l’autre réalité, si lumineuse ?

commenté par Deashelle

Écrit par : deashelle | 31/05/2010

Marguerite Duras Savannah Bay
Une lecture, parmi d’autres, comme les éclats de lumière sur la surface de la mer…Partage d’impressions.
Le décor est complètement noir, comme la pièce d’ailleurs, mais est-ce une vraie pièce ou une partition de douleur murmurée, chantée, partagée, transmise ? Surgissent des jeux de clair obscur dignes des visages de Rembrandt. Deux imperméables parfaitement identiques et fort imperméables se dévisagent et poursuivent un dialogue avec une vie ou deux de décalage. Ils se tournent le dos, se perdent de vue et se rejoignent tour à tour, « les vous » remplaçant étrangement « les tu » dans les espaces d’amnésie. Une douleur glacée est sculptée sur l’un des deux visages, celui de Jacqueline Bir mais elle n’a plus peur de la mort. Elle s’en ira entre les feux de la rampe et le fracas de la mer, digne respectueuse et belle. La petite fille de 25 ans est craquante d’innocence et de spontanéité. Elle a besoin de savoir, elle veut comprendre : ‘raconte moi encore l’histoire’. Les bribes de mémoire se superposent, s’effilochent, se contredisent. Les deux récits font des pas de deux, une partition de musique. Pauses : le blanc survient, telle cette pierre blanche intransigeante, dans la fascination du soleil aveuglant des tropiques, une malédiction qui a tué Savannah, la mère. Une mère de 17 ans, ravagée par le désamour ou l’amour tragique décide de mourir d’aimer, allant jusqu’à priver sa propre enfant de l’amour initiatique. Perversité absolue. Cela n’est dit nulle part bien sûr mais on a peur d’y penser. Flotte le panama de l’amant, seul souvenir des merveilleux rivages du Mékong dans toute cette noirceur d’encre, celle du texte et celle l’immensité du grand bleu de la mer indifférente et vide. Epouse inconditionnelle du théâtre, la comédienne ne vit que par les planches, la réalité n’existe pas. La petite fille n’a pas eu de nom, puis elle a pris le nom de Savannah, comme le feu… non comme la mer, comme la mère.
Le bercement de la mer, celui du rocking chair de l’aïeule… sous la lampe falote de la véranda. L’amour est quand même là, quoi qu’on fasse, quoi qu’on dise, dans les dialogues de cette mère de deux âges et sa petite fille. Le bercement de la mère , du rocking chair et de la musique :
« C’est fou ce que je peux t’aimer
« T’aimer ! Des fois ! Des fois je voudrais crier
« Car je n’ai jamais aimé
« Jamais aimé comme ça
« Ca , je peux te le jurer… »

http://www.theatredesmartyrs.be/index2.html
Commentaire de Deashelle

Écrit par : deashelle | 03/06/2010

Une petite phrase de Bertold Brecht UN HOMME EST UN HOMME, une pièce de René Georges avec Avec : Ansou Diedhiou, Afazali Dewaele et Charles Watara
"Si la solidarité devient un délit nous demandons à être poursuivis pour ce délit!"

3 Africains en partance pour le rêve blanc,
3 récits de voyages hallucinants vers un ailleurs
où l’on est rarement le bienvenu.
Théâtre engagé et engageant, cette pièce nous offre une image très émouvante des migrants, partagés entre les affres de l’exode - la simple survie, les humiliations, la non connaissance de la langue des terres promises - et des petits bonheurs authentiques : leur humour, leur attachement au pays natal, leur joie de vivre et leur rêve de solidarités. En fin de compte la danse et le chant font leur réapparition et on ne peut que les aimer.
Ils n’étaient pas que vingt et cent ils sont 200.000.000 d’individus sur 7 milliards d’habitants de notre planète à fuir des situations intenables, armés seulement de l’énergie du désespoir, qui veulent non du pain mais du travail, dans la dignité.
Cette pièce, par sa chaleur humaine gomme un peu cette peur de l’autre qui habite chacun de nous, elle est un pont entre ceux restés là-bas et ceux qui sont partis et ont pu croquer le fruit bien défendu de leur rêve. Une très belle mise en scène : en fond sonore une voix bien connue faite de paternalisme plutôt que de solidarité égraine de belles paroles. La scène est une terre bordée de sables hostiles, en forme de cercle de craie, où l’on peut tout dire, et où évoluent les trois personnages. Le Fruit défendu est suspendu, miroitant de couleurs de paix et de chaleur humaine, il vient et va comme le graal tour à tour évanoui et présent. A la fin du spectacle, lorsque les lumières s’allument notre regard se pose juste sur un globe de toile de jute. Mirage.
Malgré un passage un peu sentencieux, théâtre didactique oblige, l’interprétation des acteurs est pleine de dynamisme et de vérité et surtout, on s’est attaché à ces formidables acteurs. Début de sagesse ? Miracle du théâtre.

http://www.poche.be/
jusqu'au 19 juin 2010

Écrit par : deashelle | 07/06/2010

Les Cruellas Trois Supernanas arides montent en scène, outrancières, vaniteuses, cruelles- à -merci , mais est ce ça, l’éternel féminin ? Je regrette que, au fond des sacs féminins, ces objets de rêve pour romantiques qui constituent l’unique décors, on ne trouve que prise de pouvoir ostentatoire, cynisme, bêtises de Blondes, vengeances de lilly, sarcasmes d’hiver et d’été, et de-ci, de-là , bien inutilement d’ailleurs, quelques brins de vulgarité...Les actrices sont brillantes dans leurs genres contrastés. Le tout est très bien joué, en forçant le trait, les masques défilent, un peu comme chez James Ensor, entre le belge et le parisien prétentieux. La danse macabre va jusqu’à inviter des spectateurs masculins à entre dans le jeu sans cœur. C’est bien sûr un homme qui a écrit tout cela. Il avait sans doute des comptes à régler. Mais la société – un monde d’hommes – encourage elle-même ces stéréotypes, c’est peut-être elle qu’il faudrait stigmatiser. Et finalement tout le monde y passe, les hommes eux-mêmes n’en réchappent pas… les voix moqueuses des dames de cœur s’en donnent à cœur joie pour leur rire au nez sans vergogne… Même la maternité en prend un coup … Les coups de griffes misogynes et misanthropes pleuvent dans tous les sens. Véritable jeu de massacre, même les interludes musicaux deviennent farce. Bonheur : la variété et l’inventivité des costumes adoucit agréablement ce spectacle. Si l’agacement était le but, c’est réussi, humour grinçant à souhait et critique acerbe de notre société.

commenté par Deashelle

Au théâtre de la Flûte enchantée
Rue du Printemps, 18
1050 Ixelles

jusqu'au 20 juin 2010
http://www.lafluteenchantee.be/LesCruellas.php

Écrit par : deashelle | 10/06/2010

....où l'on purge ses hostilités! L E PURGATOIRE
Où Purgatoire rime avec Jubilatoire. A deux pas de la rue des Pigeons (de la cathédrale du Sablon, il s’entend), je viens de découvrir_ mea culpa, maxima culpa pour ne pas l’avoir trouvé plus tôt, alors qu’il existe depuis 25 ans_ un café- théâtre adorable, sorte d’estaminet souterrain nommé la Samaritaine. Il y règne une atmosphère chaleureuse et vibrante. Déjà un excellent début. Et puis quand les lumières s’éteignent on « nait » au jubilatoire. C’est aussi brillant que le concerto No 2 premier mouvement de Prokofiev… excusez la correspondance, mais c’est joyeux, maîtrisé, abouti, plein de brio! Car il s’agit bien de la naissance de l’homme, de sa vie, de ses passions, de ses tribulations de ses questions et de sa mort. Les 5 comédiens, débordant s de vie, tous plus ou moins trente ans semblent sortis des apéros urbains et sont d’une verve époustouflante, d’une présence en scène qui les rend tous beaux, comme s’ils irradiaient le plaisir d’être eux, d’être ensemble et là pour nous ce soir. Humour débridé …. Changements de décors prestes, texte enlevé, diction et gestuelle pleines d’allure. Tout brille et sans paillettes hormis celles du regard des acteurs pétillant de malice et de connivence. Cela crie parfois dans la cavalcade, mais c’est vigoureux et juste. Il faut se retenir d’applaudir au milieu des tableaux comme si on était aux chansonniers! A la fin, la salle crépite, rappelle, jubile. Et en prime, la vie a même vaincu la mort ! Inénarrable ! Ils sont doués ces artistes, une touche de diablerie sans doute ! Allez en juger par vous-mêmes !

commenté par Deashelle

Au théâtre de La Samaritaine
16 rue de la Samaritaine BXL
jusqu'au 19 juin 2010

Écrit par : deashelle | 11/06/2010

Pylade de Pier Paolo Pasolini Réalisation dramatique magistrale, trois heures de spectacle, trois ans de travail assidu, une grosse vingtaine d’acteurs, composition électro-acoustique, voix divinisées, dans un lieu tout nouveau, un an à peine, découvrez cette perle à deux pas de la gare de L’Ouest. Mais la gare de l’Ouest, où est- ce ?
Une pièce de politique, un jour d’élections, le 13 juin 2010. De quoi faire encore plus réfléchir. Le texte est tour à tour savant et obscur, comme les Euménides et les Erinyes. Raison et passion s’affrontent. Oreste veut bien faire. Electre est extrême: « Et dans ma haine il y a plus d’amour que dans toute ta fraternité ! » Elle est d’une fidélité statique à sa loyauté pour Agamemnon et court garder le feu aveuglant qui illumine la grandeur du passé. Oreste bâtit la démocratie et ses institutions, vainc la dépendance de la religion, donne la richesse à ses concitoyens. Pression du sénat, rupture d’Oreste et de son ami Pylade. A la façon du roi Henry II et Thomas Becket. Pylade est autre, doté d’une grâce mystérieuse, il transpire la loyauté, la générosité, un homme idéal, sans racines dans l’orgueil royal. Il rassemblera tous les affamés, les démunis, les désespérés. Oreste : « si nous avons fait de la raison une divinité alors j’adore Athéna » Pylade est incrédule. Electre et Oreste doivent se réconcilier « Rien de réel ne nous sépare » Paroles prophétiques ? « Car rien n’est pire que la guerre ! » Partout on entend grondements d’orage ou de guerre. Des poules bien vivantes picorent la scène entre les chaises dispersées des spectateurs, dans le décor démesuré de cet entrepôt surréaliste. Elles sont innocentes. Sous les jeux de lumières totalement parlants, les acteurs sont magnifiques dans leur grandeur et leur petitesse. Oreste clame encore : « On est prêt pour votre victoire, sauf le Destin, c'est-à-dire le Réel ». Dix ans de guerre contre une nuit révélatrice où la seule révolution réelle est celle qui nait de la profondeur des êtres, en une nuit la haine peut soudain disparaître à tout jamais cependant que résonnent les pas réguliers d’une femme en marche.

jusqu'au 20 juin 2010
le spectacle à 19h 30
Carthago Delenda Est
rue Sylvain Denayer 51
1070 Bruxelles

02 521 14 99
info@carthago-bxl.org

http://www.carthago-bxl.org/fr/activites_even.html?event=13

Écrit par : deashelle | 14/06/2010

Du piano martelé en rage dans le noir absolu. Puis la lumière illumine des personnages figés dans un calme apparent. Le décor est plus que banal, à part au fond une immense toile couverte de fissures, de ruptures, de dédales, un grand Rien, comme les craquelures d’un désert d’amour. Soudain, chaque nature s’anime en toute civilité : un bon fils travailleur et méritoire harcelé par sa mère, une femme éprise de changements planétaires, sublimée par ses idéologies. Pour elle c’est le dialogue à tout prix, mais une parole de trop et tout dérape ! Un avocat ridiculement ensorcelé par son portable incapable de se tenir debout sans son attribut électronique. Une femme poupée, incapable de se contenir au propre et au figuré, crachant venin de tripes dès qu’on s’en prend à son rejeton, lui qui est bourreau et non pas victime! Une victime expiatoire : le pauvre cochon d’Inde détesté, ensuite exilé, sans doute mort de peur et de froid… Les enfants, par qui tout arrive, totalement absents, loin de ces violences d’école maternelle. Voici une promenade jeu de massacre où les alliances ne cessent de s’inverser dans l’absurdité la plus complète. Scènes de pugilats paroxystiques bien aidées par les effets désinhibiteurs de l’alcool. Pour finir un requiem pour le cochon d’Inde assassiné. A vrai dire, le seul non coupable si ce n’est d’exister. Musique douce, extinction des voix et des lumières. Vive le silence hypocrite. Les quatre comédiens rivalisent d’excellence, campés avec justesse, un peu comme dans une comédie de boulevard il est vrai, mais que de rires au cœur du cynisme de la situation. Est dévoilé en crescendo habile un certain naturel de l’homme, égoïste et dictateur, qu’il serait bon de d’amener vers des sphères plus élevées. Vers - un autre dieu s’il existe, un autre idéal.
Extraits:
Véronique, la mère de la victime lorsqu'elle relit le constat pour l'arrangement à l'amiable: "Votre fils armé d'un bâton. " Le père du 'bourreau' interrompt: "Armé? N'est-ce pas un peu exagéré?" Véronique, aimable: 'Vous préférez 'doté', 'muni' ? C'est C'est comme en Amérique, le mot, pas la chose!
Plus loin : "Il ne faudrait pas confondre les victimes et les bourreaux !" Emoi.
Michel : "Je vais vous dire, toutes ces délibérations à la con, j’en ai par-dessus la tête. On a voulu être sympathiques, on a acheté des tulipes, ma femme m’a déguisé en type de gauche, mais la vérité est que je n’ai aucun self control, je suis un caractériel pur. " Vérité.
Annette: "On vient dans leur maison pour arranger les choses et on se fait insulter, et brutaliser, et imposer des cours de citoyenneté planétaire, notre fils a bien fait de cogner le vôtre, et vos droits de l’homme je me torche avec! " Consternation.
Alain : "Calme-toi Toutou!" Hilarité, Toutou Rien?
A Véronique : "Vous faites partie de la même catégorie de femmes (que Jane Fonda), les femmes investies, solutionnantes, ce n’est pas ce qu’on aime chez les femmes, ce qu’on aime chez les femmes c’est la sensualité, la folie, les hormones, les femmes qui font état de leur clairvoyance, les gardiennes du monde nous rebutent, même lui ce pauvre Michel, votre mari, est rebuté…" Alliance masculine.
Les monstres sont lâchés!

Écrit par : deashelle | 25/06/2010

derniers jours pour 'le dieu du Carnage' au Public à Bruxelles

jusqu'au 26 juin 2010

Écrit par : deashelle | 25/06/2010

De Yasmina Reza, Avec Véronique Biefnot, Damien Gillard, Valérie Lemaître et Olivier Massart les limites du pacifisme et des beaux sentiments...

Écrit par : deashelle | 25/06/2010

L’OMBRE de Evgueni Schwartz : last day! Ce soir au Public, à Bruxelles Un conte noir mais lumineux. Une histoire fantastique et une pièce fantastique. S’agite une lanterne et soudain se matérialise un concert de lumières, de clairs-obscurs, d’ombres portées, rampantes, menaçantes, jonglant avec les éclats de lumières, de miroirs changeants, de portes mobiles vers le monde d’Andersen. Des reflets et du damier noir et blanc partout : au sol, sur la jupe, les bas de la servante, un abat jour, et dans les cœurs. Un jeu mortel s’engage. Les cases noires sont plus nombreuses : les personnages fantastiques sortent de toutes parts, passent les murailles, changent d’identité mais pas de desseins funestes. Ils répandent leurs maléfices cependant que suspendu par l’amour, le jeune homme, savant de son état, rêve et aime un balcon. La Princesse, montée en graine, est peut-être inaccessible. Le but de l’artiste en humanité est de rendre les gens enfin heureux, dans la simplicité de l’eau vive et de la vie qui chante. Mais tout s’emmêle, le crépuscule et ses fantômes vaniteux prennent le pouvoir. Seule manque la de reine de la nuit, ou est-ce la princesse ? Les mécréants rivalisent et se détestent, la jalousie exulte tandis que le prince du jour, férocement attaché à la vie, seul bonheur ici-bas, se débat comme un diable! Le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument L’argent, le pouvoir, aussi méprisables que l’ensemble des gredins et génies malfaisants qui peuplent la scène retrouveront la place qui leur convient, l’ombre et l’insignifiance. Cette pièce est merveilleuse de dynamisme, de surprises, d’inventions scéniques, elle nous replonge dans l’effroi des ogres grimaçants de notre enfance, prêts à nous dévorer, et dans les délices de l’attente de l’impossible amour. Le jeu des acteurs se courbe entre paroles, danse, chorégraphie, pantomime comme une rivière de mystères. Christian Théodore et Théodore Christian. Corps et âme, tout cascade et court vers la chute finale ou vers la vie simple et belle.

Écrit par : deashelle | 26/06/2010

Kvetch, Atelier 210, Théâtre, Bruxelles « Les « kvetchs » sont des cris. Des cris de détresse. Des cris d'angoisse. Oscillant ente la comédie, le vaudeville et le drame existentiel, Kvetch est une pièce dédiée à tous ceux qui ont PEUR... »

La paix des poissons rouges installés dans leur bocal lumineux sur le piano dénonce silencieusement les vastes angoisses qui étranglent chacun des acteurs. Quand la pièce devient un peu ‘lourde’, cela fait plaisir de les regarder et d’écouter le pianiste impassible. Plus que le passage brutal de monologues intérieurs en bulles, aux dialogues sans cesse avortés, (tiens les poissons… !) c’est justement ces non- transitions abruptes, dans le même souffle, bourrées de violence, qui sont géniales et vous coupent le souffle. Tous les acteurs se figent dès qu’une bulle éclate : belle trouvaille. Les adresses iconoclastes et blasphématoires où chacun crie son étouffement semblent ruiner toute communication et pourtant elles disent enfin la vérité de chacun. Magistral ! Les apparences sont si pacifiques, le discours à autrui est tellement recomposé et tricheur, ad nauseam! Le vocabulaire fort cru peut certes déconcerter certains spectateurs, mais il semble que cela fasse partie de la pièce… soyons ouverts ! Constat : quel que soit le kvetch, maîtrisé ou non, ce dernier finit toujours par avoir le dernier mot, quelles que soient les ruptures, les remises en question, les nouveaux départs. Pourquoi ne pas le reconnaître quand il vient, ce kvetch, l’accueillir et ne le considérer que comme une simple ombre au tableau. Ou trouver quelque recette anti-kvetch , comme s’intéresser d’abord aux autres , plus qu’à soi-même, le nombrilisme est omniprésent. L’altruisme est en effet totalement absent dans la pièce : comme « l’absente de tout bouquet»? Qui sait! La clé peut-être ! La scénographie est habile et bien menée, mais on se serait passé de certaines longueurs, les passages lutins qui sont tout, sauf lutins, plutôt tristes comme le kvetch! Mais on rit car les acteurs sont bons!

Écrit par : deashelle | 27/06/2010

Candide ou l'optimisme à Avignon Par le Théâtre littéraire Le Verbe Fou

J’ai eu la chance hier soir de jeter un œil sur ce petit spectacle croquignolet joué sur la scène minuscule du théâtre de la Clarencière, avec beaucoup d’élégance et de vivacité. Ce spectacle part demain pour le grand voyage en Avignon ! On ferait bien, vite fait, quelque valise pour le suivre et aller découvrir d’autres bijoux de Thespis! Par la même compagnie on verra aussi ‘Rimbaud, il faut absolument être moderne’ et ‘Le Cabaret de Brecht’. Une semaine de répétition sur place pour peaufiner les propositions. L’optimisme est de rigueur, confiance à Voltaire et au théâtre….
« Tous les événements sont enchaînés dans le meilleur des mondes possibles ; car enfin, si vous n'aviez pas été chassé d'un beau château à grands coups de pied dans le derrière pour l'amour de Mlle Cunégonde, si vous n'aviez pas été mis à l'Inquisition, si vous n'aviez pas couru l'Amérique à pied, si vous n'aviez pas donné un bon coup d'épée au baron, si vous n'aviez pas perdu tous vos moutons du bon pays d'Eldorado, vous ne mangeriez pas ici des cédrats confits et des pistaches. -- Cela est bien dit, répondit Candide, mais il faut cultiver notre jardin. »
Candide est désarmant, les yeux que l’on voit de près sont limpides et sans fard. Cunégonde, la mèche folle, le regard jeune et assuré, le costume ravissant, charmante, fraiche, malgré son histoire, est attendrissante. …. Pangloss, le tiers philosophique, rassurant, chaleureux et bouillant d’optimisme. Mais voilà que Cunégonde contrefait sa voix et sa personne, vielle édentée, elle conte à Candide ses aventures extraordinaires…Une pièce très dynamique pleine de mouvements, la scène sur le navire est magnifique, cela tangue jusque dans la salle ! L’eldorado est saisissant, on se croirait au Carnaval de Venise. Prestance, rythme, beau parler, que demander de plus ? Pour Candide, en fin de compte, le bonheur est dans le jardin : il faut le cultiver. Et Cunégonde d’étendre le linge au soleil des collines méditerranéennes…
Pour nous réchauffer cet hiver à Bruxelles !
Ou : Retrouvez-nous sous le soleil lors de ce Festival,
autour d'un verre au Bar terrasse du Théâtre Le Verbe Fou, www.leverbefou.fr
rue des Infirmières 95 à Avignon (A 150 m de la Place des Carmes)
Réservations de 10h00 à 22h00 au 0490/85 29 90
http://www.laclarenciere.be/SAISON_2009_2010/trismestre3_09_10.htm

Écrit par : deashelle | 30/06/2010

2/3 9 et 10 juillet au jardin de ma soeur : 10/10! Damien Valère et 14-18
Arthème, le fils de François Champdeblés, l’auteur de 27 pièces décoiffantes, nous attend ce soir au Jardin de ma sœur. Esprit de famille ? L’estaminet est charmant et témoigne par son exiguïté, ses tables usées et ses éclairages dorés, de l’ancienne vie de village du quartier du Vismet ! Pompon L’ancien chat noir y répandit ses grâces et ses maléfices pendant 17 ans de connivence avec les artistes, jusqu’en mars dernier. Et son âme nous hante encore toujours lorsque l’on caresse les jeunes minets Mariette et Gaspard… de la nuit , les nouveaux maîtres des lieux !
Le spectacle commence : Jean Champdeblés, un grand-père placide assis à une table qui recèle un tiroir secret se redit une lettre d’amour. Est-ce la magie des chats qui réveille le personnage ou une pompeuse ouverture musicale qui fait apparaître sur la cheminée les tranchées, les soldats, toute la misère de la grande guerre. Et l’homme se transforme en jeune enfant de village qui pose ses questions innocentes sur la guerre, la patrie, son père disparu. Tout s’enchaine, ponctué de fragments musicaux de Prokofiev. Pour l’époque, pour l’enchantement qu’est l’enfance, pour la peur du loup… et la victoire sur la déraison des dictatures ? Pourtant Damien, nom d’emprunt, le père aux cheveux d’or, ne revient pas. Le drame s’installe. L’enfant devient otage. Il se console avec un chat roux débordant d’amour qui vient de quelque part. La suite du spectacle est magnifique… allez écouter avec ravissement un conteur vrai, un auteur, une histoire vraie. Celle de son grand-père. Ce n’est pas Bruges mais Ypres avec son cortège d’atrocités… au cœur de laquelle, un amour splendide est né, plus beau que tous les châteaux et les bijoux de la vicomtesse, marraine de guerre.
Tout est dit, du début jusqu’à la fin avec une immense tendresse, des silences éloquents, et un regard dans lequel brille le bonheur. Les silences lourds et le mépris ont perdu la partie, le jeune Jean a tout compris même s’il n’a jamais défié ses parents avec la moindre question embarrassante. Du vrai, passé par le filtre de la création pour en extraire un élixir de vérité émouvante. Et la voix de Maria Callas pour l’amour fou.

Au Jardin de ma sœur jusqu’au 10 juillet, les vendredis et samedis soirs
A l'angle du Quai au Bois à Brûler et de la Rue du Grand Hospice, à 1000 Bruxelles
(Marché au Poisson,
Métro Sainte Catherine)
Tel: +32.2.217. 65.82
E-mail: info@leJardindemaSoeur.be

Écrit par : deashelle | 03/07/2010

Voir Emmanuelle dans ‘Chacun sa croix’…. Ce ne sera pas faire pénitence ! Saint Crépin-la-voisine est un petit village en décrépitude, perché sur les pentes du Jura glacé en hiver. Le décalage commence avec les costumes, toques de fourrure et après ski sous la chaleur de juillet et des feux de la rampe. Un vaudeville sociologique met en scène le curé, bon à tout faire, Cucugnan fort sympathique, le maire crucifié par les problèmes du village, pas du tout rabique, une gouvernante mi -revêche, mi -enjôleuse, un jeune ado tremblant et déjanté et surtout une Bonnie sans son Clyde, repentie mais rugueuse comme une langue de tigre, au parler plus vert que tous les enfants de la balle réunis. Les acteurs de la Flûte enchantée respirent leurs rôles respectifs avec une virtuosité stupéfiante tant leurs rôles leur collent à la peau… Beaucoup de franc parler, de rires, d’humour, de tendresse pour parler du thème délicat de la réinsertion sociale des ressortissants de prisons. Le thème chéri de Robin des bois au féminin est joué par Emmanuelle Roggemans…. une actrice soyeuse, haute comme trois pommes, pétulante, parfaite dans ses susceptibilités et ses attaques virulentes. La morale du curé finira par être ébranlée, alors que celle du maire est bien vite passée aux oubliettes dès qu’il a entrevu une solution pour sauver son village de l’engourdissement mortel. « … tant que l’argent est de l’argent volé aux voleurs », que l’épicerie continue, et les karaokés, et les discothèques, et la station de ski ! Et le presbytère sera retapé par la taularde récréative…avec les commodités à l’étage au lieu du jardin. Qui ose parler d’un casse au village voisin de Saint-Claude ? Ne nous enseigne-ton pas « Aide toi et le ciel t’aidera ! » ? Voilà un spectacle divertissant, un peu comme un conte immoral de Canterbury, où l’on se laisse emporter dans ce village bienveillant, loin du sérieux étriqué de la vie citadine.
Théâtre de la Flûte Enchantée
rue du Printemps 18
jusqu'au 25 juillet 2010

GSM : 0474288269
Téléphone : 026607950
Site Web : http://www.lafluteenchantee.be

Écrit par : deashelle | 08/07/2010

Rêver d’Avignon ,
Être à Bruxellons,
Festival de théâtre populaire… avec Le Malade Imaginaire

On se prend à rêver qu’on est à Avignon, non c’est la première de Bruxellons. Le Château du Karreveld a revêtu des habits de fête, des lampions de 14 juillet illuminent le cadre grandiose, le public attend avec bonheur dans la sérénité d’un pur soir d’été… cependant que s’élancent au- dessus de nos têtes, des vols de perruches en liesse.
Un trône majestueux grandeur géant annonce la dictature familiale du grand malade, celle des puissants et surtout celle des médecins honnis par Molière. Mais aussi celle de la maladie et de la mort. Daniel Hanssens qui interprète Argan le plus bel hypocondriaque de tous les temps, règne avec noblesse sur ses proches presque tous prosternés. Pas de chandelles, pourtant il en faudrait des brassées pour le jeu magnifique de la troupe Argan 42 qui nous ravit ce soir. Argan? Ce nom nous dit quelque chose,… le personnage favori de Molière et de l’illustre Daniel. Les éclairages sont magnifiques et la scène d’ouverture où se réveille notre personnage est exquise de mise en scène, au bord de la féerie. On ne vous en dira rien de plus pour laisser le charme agir et vous promener à travers les multiples trouvailles scéniques de cette production.
L’acoustique est excellente… les voix grandissent sur fond de murailles patinées, les costumes rivalisent de fantaisie, les rires fusent, le verbe s’amuse. Les gestes et accessoires anachroniques virevoltent se moquant des uns et des autres laissant la partie libre aux mélanges de musiques et tintamarres de tout poil. Les tirades résonnent et rappellent avec bonheur nos souvenirs scolaires enfouis par le temps. Et les correspondances éveillent en nous des battements de cœur selon l’histoire de chacun. Il s’agit donc d’une certaine magie…
Toinette exquise et déterminée, Marie-Hélène Remacle est d’une vivacité débordante, elle se joue avec virtuosité de son bougon de maître tout occupé que de lui-même, lui servant certaines leçons avec finesse et humour. Valérie Marchant, plus vile et monstrueuse que Cruella élève l’amour de l’argent à l’idolâtrie et nous donne une image de sorcière de Saint Trop tout à fait réussie. Quant à Angélique, elle est si tendre, si aimable, si aimante dans sa robe tilleul de chez Courrèges, plantée sur les planches du même camaïeu vert. De tous ses cheveux, elle fait face à la vie et à son père adoré, à chaque instant, épouvantée, elle tape du pied et éparpille ses moues boudeuses comme Alice au pays des merveilles. Et Louison, aussi farceuse que son père ! Les autres comédiens, tous plus artistes, polichinelles, facétieux, les uns que les autres nous gratifient de tranches de rire dorées sur tranche. Le public -tout public- bourdonne d’aise: ce Molière revisité nous offre sagesse, beauté de la langue, et rêves aboutis.
http://www.bruxellons.net/index.html Une distribution éblouissante : Daniel Hanssens, Marie-Hélène Remacle, Michel Hinderyckx, Alexandre Von Sivers,Jean-Paul Dermont, Valérie Marchant, Pierre Geranio, Simon Wauters, Alice Moons, Julien De Visscher, Maud Hanssens

Écrit par : deashelle | 14/07/2010

Jimmy à la Cellule 133a à Saint-Gilles dans le cadre du Festival de Bruxelles

Dans le dossier de presse du Festival de Bruxelles … on peut lire l’aveu de Clément Laloy l’auteur qui a commis la pièce de Jimmy : ‘Trop mauvais comédien, je
me suis lancé, comme je pouvais, dans la mise en scène.’ Las, son écriture ne vaut pas mieux. Ni fond ni forme. Je plains les pauvres comédiens qui doivent essayer de déjouer un texte aussi délabré, plat et vulgaire. Ils semblent stressés et fatigués d’avance dès la première scène et ils sous-jouent! Le même texte capté en privé aurait été meilleur ! Et la suite…, plus me plaisent les scènes lumineuses d’outre terre du populaire William Musso ! Ici rien de drôle: que du pathétique à ras de terre. Ce qu’on nous a fait subir était navrant. Les comédiens étaient quasi inaudibles dans le premier tiers du morceau, les changements de scènes bruyants, ne ménageant aucun mystère, les costumes tristes à mourir. Voilà un jeu de pantins désarticulés, présenté sans aucune conviction. La diction est même à revoir… on a juste envie de fermer ses oreilles ! Nous avons perdu notre temps pendant trois quarts d’heure, par manque de tout plaisir, musical y compris et pourtant…. Je retournerai dans ce lieu, la cellule 133 a à Saint-Gilles, voir autre chose, car l’accueil du directeur était charmant et le théâtre s’y plait peut-être!

Écrit par : deashelle | 29/07/2010

OYEZ! OYEZ! L’oreille en coin …
Si vous voulez les revoir….
Si vous ne les avez pas encore vus ….
Nous y étions …
Sur le bateau ivre du Bouche à Oreille pour entendre les « Souffleurs aux gradins », spectacle survitaminé - 592 représentations de 1996 à 2009- avec Thierry Decoster, le sympathique brasseur Jef de la Kriek Belle-Vue qui est comédien et clown hors pair, alerte, jovial, à l’imagination débordante et aux accents tous pays, d’une variété époustouflante. On l’imagine bien bambin ou ado farceur en train de chahuter dans une classe, il a un goût inné du spectacle! Ses profs devaient être morts de rire ! Ses comparses ne valent pas mieux, Odile Matthieu est d’un dynamisme breughélien, nous sommes en pleine fête populaire, gouailleuse, et paillarde, jamais en mal d’inspiration. Belle palette d’émotions rendues par Marc De Decker et Gaétan Bayot, charme et élégance. Quatre équilibristes de l’allégresse et de la jubilation.
Le tirage au sort donne un thème d’improvisation dans une ambiance surexcitée de Club Med dès l’ouverture du spectacle. Musique fracassante, le quatuor noir et blanc se fige quelques instants et c’est parti pour un collier de perles d’improvisations, toutes plus chahutantes les unes que les autres ! Si le bateau n’était pas ivre… on se gondolerait de rire! Mais là c’est pire on est dans l’ivresse du rire, on nage dans la bonne humeur. Les quatre comédiens rivalisent d’inventivité, de postures comiques, d’accents d’une variété époustouflante, de gestuelles imagées, et de bruits non moins évocateurs. Les constructions tiennent les planches, avec comme seuls accessoires quatre chaises, comme celles des spectateurs. Le spectacle se corse, à l’aide d’une cloche, d’un nom, d’un mot : des contraintes supplémentaires pleuvent sur les artistes qui ne se démontent pas… une course à l’exploit, tels des trapézistes dans les haubans du navire qui vogue dans l’hilarité générale. Verve, humour, audace, tout est bon pour nous ravir dans cette création mondiale qui nait tous les vendredis soir de l’été au Bouche à Oreille par les champions du monde de l’impro !
http://www.bao.be/

Écrit par : deashelle | 31/07/2010

OYEZ! OYEZ! L’oreille en coin …
Si vous voulez les revoir….
Si vous ne les avez pas encore vus ….
Nous y étions …
Sur le bateau ivre du Bouche à Oreille pour entendre les « Souffleurs aux gradins », spectacle survitaminé - 592 représentations de 1996 à 2009- avec Thierry Decoster, le sympathique brasseur Jef de la Kriek Belle-Vue qui est comédien et clown hors pair, alerte, jovial, à l’imagination débordante et aux accents tous pays, d’une variété époustouflante. On l’imagine bien bambin ou ado farceur en train de chahuter dans une classe, il a un goût inné du spectacle! Ses profs devaient être morts de rire ! Ses comparses ne valent pas mieux, Odile Matthieu est d’un dynamisme breughélien, nous sommes en pleine fête populaire, gouailleuse, et paillarde, jamais en mal d’inspiration. Belle palette d’émotions rendues par Marc De Decker et Gaétan Bayot, charme et élégance. Quatre équilibristes de l’allégresse et de la jubilation.
Le tirage au sort donne un thème d’improvisation dans une ambiance surexcitée de Club Med dès l’ouverture du spectacle. Musique fracassante, le quatuor noir et blanc se fige quelques instants et c’est parti pour un collier de perles d’improvisations, toutes plus chahutantes les unes que les autres ! Si le bateau n’était pas ivre… on se gondolerait de rire! Mais là c’est pire on est dans l’ivresse du rire, on nage dans la bonne humeur. Les quatre comédiens rivalisent d’inventivité, de postures comiques, d’accents d’une variété époustouflante, de gestuelles imagées, et de bruits non moins évocateurs. Les constructions tiennent les planches, avec comme seuls accessoires quatre chaises, comme celles des spectateurs. Le spectacle se corse, à l’aide d’une cloche, d’un nom, d’un mot : des contraintes supplémentaires pleuvent sur les artistes qui ne se démontent pas… une course à l’exploit, tels des trapézistes dans les haubans du navire qui vogue dans l’hilarité générale. Verve, humour, audace, tout est bon pour nous ravir dans cette création mondiale qui nait tous les vendredis soir de l’été au Bouche à Oreille par les champions du monde de l’impro !
http://www.bao.be/

Écrit par : deashelle | 31/07/2010

La Compagnie du Simorgh présente l’Oiseau bleu de Maurice Maeterlinck au festival bruxellons (1er et 9 août 2010)

La volonté d’Annette Brodkom de faire de l’oiseau bleu une épure… a cassé notre rêve théâtral. « Le conte initiatique, c’est la parole originelle, c’est l’essence même de l’acte de création qui est transmise par la bouche et le corps du conteur à celui qui écoute et qui voit. » Je suis d’accord mais Maeterlinck a écrit une pièce de théâtre avec 43 acteurs, six actes et douze tableaux et je suis vraiment frustrée de n’en découvrir qu’un seul et unique. Même la scène avec les grand- parents a été largement sabrée…parfums de tartes écrasés ! Et puis il y a toutes les scènes manquantes. Nous ne jouons pas dans un parc entre enfants qui changent de personnage à volonté et à chaque instant. Laissons cela aux enfants qui le font avec tant d’art et de passion. Ici très peu de passion, beaucoup de dureté, une inventivité statique, des choix de maquillages raides et costumes si peu féériques à l’exception « du personnage » des joies, une vraie trouvaille lorsqu’elle déplie toutes ses sœurs les unes après les autres en un long voile diaphane qui se pose avec émoi sur la plus grande d’entre toutes, la joie de l’amour maternel. Du vrai Maeterlinck. Je trouve que cette option délibérée de choisir la féérie alchimique contre la féérie théâtrale est une trahison de cet auteur qui aimait par dessus tout le mystère, les éléments, les brouillards, les costumes, les trompe l’œil la musique, le foisonnement. Dan cette réalisation très froide, les personnages sont bien trop grands pour cette scène exiguë, on dirait plutôt des géants et on comprend que 9, c’est un maximum sur scène… et Tyltil ressemble un peu trop à Tintin ! Haïssable anachronisme ! La lumière, empêtrée dans la raideur de son costume… joue des doigts japonais et lumineux il est vrai… mais Maeterlinck ? Les enfants à naître se tortillent comme une chaîne chromosomique en costumes noirs et éclairs bleus mais rien de poétique ! Le Temps, un vrai personnage de cirque ! Où est la Forêt enchantée ?
Rien qu’à le regarder, le chêne est un cauchemar sans majesté, sec comme une vigne, et les combats asiatiques hors propos.
Nous sommes donc tombés de très haut sur cet oiseau sec et dessiqué! Pourtant l’affiche était belle ! Seuls fidèles au texte, le chien … évidemment, et la chatte, par hypocrisie ! Eux, seuls dans le merveilleux avec la fée de la nuit !

Écrit par : deashelle | 05/08/2010

Le festival Bruxellons nous offre cette fois « Artifices II »

Présenté par Jack Cooper



Ni tigres, ni trapèzes mais l’univers du cirque quand même, sans grimages, au naturel, avec sa magie d’antan, avec des numéros stupéfiants pour épater le spectateur. Le héro principal ne se couvre pas de paillettes mais met des paillettes dans les yeux admiratifs des plus jeunes. Il déploie savamment un tissu de mystère, des voiles de lumières, de l’ingéniosité sonore, et surtout de l’illusion théâtrale si rare dans le théâtre contemporain. N’irait-on pas rêver alors d’un spectacle qui serait du pur théâtre avec des personnages, une trame, des rires et des pleurs, le tout porté par la magie de ce magicien et ses acolytes ? Point de technologie pointue et ses effets grandioses, les plus beaux moments sont ceux de silences ou de musiques bien choisie, là se cache le mystère, vraiment. Les grands sont tous conscients que tout est affaire de truquages de techniques, de gestes cent fois répétés, néanmoins, sachant cela , l’ouvrage est tellement sans coutures, que c’est je crois encore plus étonnant.

On a adoré les ombres chinoises si poétiques et gracieuses, les jeux d’anneaux et de bougie qui dansent tous seuls, les chorégraphies, l’immense paquet cadeau qui tangue au dessus du sol, suspendu par quatre ballons de foire. La malle indienne et le coffre mérovingien : du très beau spectacle. Et les cubes et herses classiques qui se terminent sur des pirouettes d’une sémillante jeune dame, Caroline Braeckman: bravo. Aussi les changements de costumes, instantanés …de très beaux moments.

Pour faire vrai bien sûr on fait aussi un appel louable au public, mais cela rompt toujours un peu la magie de la mise en scène et de la créativité, il y a toujours en filigrane - si le spectateur n’est jamais monté en scène - une certaine gêne, une difficulté de répondre de façon audible… surtout si c’et un très jeune. Ce petit fossé entre l’artiste d’artifices, parfois taquin et sûr de lui, et le citoyen lambda, nous projette soudainement sur une orbite de fine compassion pour celui qui a osé répondre à l’appel. C’est pour cela que les numéros de télépathie qui mêlent le public de façon plus anonymes, recueillent tant de succès, vous laissent sans voix mais pas sans applaudissements à toute l’équipe.

Et dire que ce spectacle était une avant, avant-première de quelque chose de fabuleux qui se prépare pour le printemps 2011… difficile de résister !

http://www.bruxellons.net

Écrit par : deahelle | 17/08/2010

festival Bruxellons nous offre cette fois « Artifices II »
Présenté par Jack Cooper

Ni tigres, ni trapèzes mais l’univers du cirque quand même, sans grimages, au naturel, avec sa magie d’antan, avec des numéros stupéfiants pour épater le spectateur. Le héro principal ne se couvre pas de paillettes mais met des paillettes dans les yeux admiratifs des plus jeunes. Il déploie savamment un tissu de mystère, des voiles de lumières, de l’ingéniosité sonore, et surtout de l’illusion théâtrale si rare dans le théâtre contemporain. N’irait-on pas rêver alors d’un spectacle qui serait du pur théâtre avec des personnages, une trame, des rires et des pleurs, le tout porté par la magie de ce magicien et ses acolytes ? Point de technologie pointue et ses effets grandioses, les plus beaux moments sont ceux de silences ou de musiques bien choisies, là se cache le mystère, vraiment. Les grands sont tous conscients que tout est affaire de truquages de techniques, de gestes cent fois répétés, néanmoins, sachant cela , l’ouvrage est tellement sans coutures, que c’est je crois encore plus étonnant.
On a adoré les ombres chinoises si poétiques et gracieuses, les jeux d’anneaux et de bougie qui dansent tous seuls, les chorégraphies, l’immense paquet cadeau qui tangue au dessus du sol, suspendu par quatre ballons de foire. La malle indienne et le coffre mérovingien : du très beau spectacle. Et les cubes et herses classiques qui se terminent sur des pirouettes d’une sémillante jeune dame, Caroline Braeckman: bravo. Aussi les changements de costumes, instantanés et fulgurants …de très beaux moments.
Pour faire vrai bien sûr on fait aussi un appel louable au public, mais cela rompt toujours un peu la magie de la mise en scène et de la créativité, il y a toujours en filigrane - si le spectateur n’est jamais monté en scène - une certaine gêne, une difficulté de répondre de façon audible… surtout si c’et un très jeune. Ce petit fossé entre l’artiste d’artifices, parfois taquin et sûr de lui, et le citoyen lambda, nous projette soudainement sur une orbite de fine compassion pour celui qui a osé répondre à l’appel. C’est pour cela que les numéros de télépathie qui mêlent le public de façon plus anonymes, recueillent tant de succès, vous laissent sans voix mais pas sans applaudissements à toute l’équipe.
Et dire que ce spectacle était une avant, avant-première de quelque chose de fabuleux qui se prépare pour le printemps 2011… difficile de résister !

http://www.bruxellons.net

Écrit par : deashelle | 17/08/2010

http://www.festivaldetheatredebruxelles.be/
Du jeudi 19 au dimanche 22 août 2010 au Parc Royal de Bruxelles 4ème édition

Les Baladins du Miroir, théâtre forain musical et poétique, nous présentent des contes et légendes délectables : « Le chant de la source »

L’arbre aux trésors de Henri Gougaud nous chuchotte : "Non point changer la vie, mais l’aider à éclore. Voilà pourquoi sont au monde ces récits parfois millénaires qui ont atteint à la gloire insurpassable des œuvres : l’anonymat. Car je ne suis pas l’auteur de ceux qui sont dans ce livre. Je n’ai fait que les raviver, les ranimer, les restaurer, comme d’autres restaurent de vieux châteaux. J’ignore qui en sont les premiers auteurs. D’ailleurs, qu’importe ? Ils sont au monde parce qu’ils sont nécessaires, comme l’air, comme la lumière du jour, comme les arbres. "
Et l’arbre à soleils de renchérir :"Les légendes sont ce que nous avons de plus précieux en ce monde. Elles ne sont pas une pâture puérile. Elles ne sont pas une manière d’oublier le réel, mais de le nourrir. S’insinuer tendrement en elles c’est apprendre la liberté, éprouver le bonheur parfois douloureux de vivre".
Après des cascades de rires et une ovation générale digne de nos concours royaux de musique, le public quitte à regrets le chapiteau, ruisselant d’émotion, applaudissant encore la fanfare de bonheur des comédiens qui se sont remis à chanter et jouer sur leurs instruments de musique !.... Tous les cœurs sont à l'unisson, on a apprivoisé le murmure de la source. Ce murmure fait d’humour, de rires, de musique, de poésie, de danse, de supplément d’âme.
Grâce à une fabuleuse distribution et une metteuse en scène divine, ces 12 contes et légendes du monde se sont emboîtés comme les pièces d’une pyramide, toujours plus stupéfiants, tendres, philosophiques, et drôles. Les costumes, pastels de ciel et de terre, semblaient moulés sur chaque personnage, et vivre, vibrants eux aussi, de tous les possibles. Et voilà entre les bribes d’histoires contées, dans une atmosphère de moyen âge doré, les chants ancestraux, polyphonies aux accents slaves, turcs, napolitains qui mobilisent l’harmonie, et c’est le silence ému dans toute la salle.
L’universalité de ces contes qui ont traversé les âges, les contrées, les mers, sans papiers, dans l’oralité et la tradition ancestrale nous chatouille le ventre, nous met des paillettes dans les yeux et forcent notre écoute sans partage ! Les personnages bien campés dans leurs accents et leur parler parlent vrai. Sortent-elles des mille et une nuits ou des contes de Canterbury? Ces histoires racontent, la terre, la femme, la mère, l’enfant, la vie, la mort, Dieu, l’esprit, l’âme et la bonté… et plein d’autres filigranes intimes que seuls nous pouvons entendre ou percevoir. La Joie, peut-être.
La musique, la danse et poésie virevoltent, personnifiées devant nous par enchantement et nous bercent notre essence originelle, sensible aux histoires mythiques qui ravissent le corps et l’âme. Question de chant et de source.
Et la violoniste n’a rient dit, mais a tout dit.

Écrit par : deashelle | 20/08/2010

Un petit billet de Molem:
Sainte Fatima de Molem par Ben Hamidou, très beau spectacle

Molem : « Le seul pays arabe qui ne soit pas en guerre ! » Tout est humour et amour dans ce texte bienveillant pour tout le monde. Nous découvrons dans ce seul en scène la véritable sein-biose d’un kid de Molem qui a tout compris... avec sa grand-mère. Il est le petit prince, à jamais. Cette femme battante porte encore ses vêtements du désert, elle est tatouée de haut en bas pour dire son appartenance, visage de sphinx tyrannique est tout amour jaloux et exclusif. Avec elle il a appris l’art de scène depuis la plus jeune enfance…. Ce plaisir de l’imaginaire le transcende et lui forge peu à peu une identité, une dignité, des choses à dire. « Une fois les rôles attribués, on coupait le son de la télé et on jouait ensemble les westerns façon berbère ! ».Ensuite il se laissait enivrer par les parfums d’une cuisine faite de recettes d’amour fou et de citrons confits.
Adolescent, il rêve d’embarquement pour les grands élans, recherche éperdument de ce qui le rapprocherait de l’amour, mais les murs protecteurs dressés par l’auguste ancêtre sont presque infranchissables. Voici un chapelet savoureux de souvenirs d’enfance, tendres, très émouvants…et drôles, loin des errances des barons désœuvrés arpentant superbement les pavés de la rive gauche du canal !
Un premier mensonge, à 19 ans, lui ouvre enfin la porte de la liberté : l’école d’art dramatique. Il est doué, pour le mime, les imitations, le jeu corporel, il fait rire….il déborde de sensibilité. La vie et le spectacle se mêlent dans l’écriture, le voilà celui qui sur 300.0000 immigrants va saisir sa chance, toujours aussi tendre avec sa vieille Hanna mythique, son égérie, sa patrie, et il va réussir -pas - à la grâce de Dieu, mais par son assiduité, sa ténacité et le rêve qui l’habite.
Point de discours hostiles ou agressifs, c’est un bonheur pour l’occidental sans cesse culpabilisé… le jeu de l’humour fait mouche, la salle n’en peut plus d’applaudir et de rire, et l’acteur s’envole dans l’univers plein d’étoiles du plaisir de dire, de conter, de séduire et d’enchanter. Tandis que veille là-haut, la grand-mère, éternelle, pareille à elle-même, brillante sentinelle du bonheur. Un conte ?

-le 20 août à 20h -Festival des Théâtres Nomades - Grand Chapiteau -Parc de Bruxelles
http://www.festivaldetheatredebruxelles.be/

Réservations :
-le 25 septembre à 20h - Festival du Rire d'Anderlecht - Café Théâtre des 2 Gares 124b rue des deux gares 1070 Anderlecht
-du 30 novembre au 5 décembre à la Maison des Cultures et de la Cohésion Sociale de Molenbeek-St-Jean
-du 7 au 18 décembre, au Théâtre Varia

Écrit par : deashelle | 24/08/2010

La nuit musicale 2010 au château de Beloeil
Le 21 août

C’et l’heure où les oiseaux se taisent - pas de perruches bruyantes à Beloeil - c’est l’heure bleue de l’empire des lumières de Magritte… Cette fois, pas de maison, mais tout un château princier aux couleurs changeantes, tout au bout du canal qui mène jusqu’à la fontaine de Neptune. La féerie du soir est partout dans le parc, même le bruissement des feuilles se fige; les théâtres de verdure accueillent une foule silencieuse qui glisse respectueusement entre les morceaux de musique. On s’attarde - arrêt sur musique - les arbres majestueux écoutent, et le cloître de charmes résonne des scènes de chasse de Mozart. Fusant derrière les fourrés des applaudissements nous guident vers la scène suivante….. La voûte céleste et la lune pour accueillir les notes et les émotions.
La nuit musicale de Beloeil n’attire pas que les amoureux de la musique classique, c’est une très belle façon d’initier les timides et les frileux, la merveille du cadre et de l’organisation parfaite de cette nuit musicale aura semé ce nouveau plaisir au cœur des plus récalcitrants. C’est aussi une fête populaire : on pique-nique sur la pelouse à côté de la musique avec nappe à carreaux et vin italien ou avec des huîtres et du champagne sur de hautes tables de cocktail.
Sur notre parcours semé de milliers de bougies posées au sol, les arbres se sont travestis de lumières vertes et dorées. Arrêtons-nous à Neptune. Voici le kiosque qui accueille des extraits de « La création » de Haydn. Velours des voix, bruissement du chœur de Clerlande, concert d’instruments qui jouent aux oiseaux du ciel, au tonnerre, à la lumière et aux anges. C’est magnifique. Jasmine Daoud, soprano « Gabriel » en brocart de soie bordeaux nous interprète l’archange « Gabriel », Patrick Kabongo , ténor « Uriel »,Charles Dekeyser, basse « Raphael ». C’est l’avènement du monde, la séparation des eaux et de la terre, celle des créatures vivantes. Le chaos originel contraste avec l’éclatement aveuglant de la Lumière et le chœur de louer le Créateur….
Changement de scène : voici le vol fauve d’une pipistrelle par-dessus un piano qui nous régale des célèbres sonates Robert Schumann, « Waldszenen » par Olivier de Spiegeleir, au piano…..C’est l’été.
Un détour au champ des roses pour scruter le firmament et entendre les deux sœurs Ouziel qui jouent Ludwig van Beethoven et sa Symphonie Pastorale à quatre mains…
Plus tard, suivant les accents profonds d’un violoncelle, on tombe sur une muse dans un hamac, tel un cocon déchiré. Suspendue à un arbre de lumière, elle nous conte en gestes et musique comment elle a apprivoisé son violoncelle et se relie au mystère de la nature. Une intimité dévoilée. Une compagnie, de si de la, de Montpellier…
Un immense hululement de hibou ponctue la soirée. Ou est-ce un commencement ? Les bords du canal sont noirs de monde joyeux et bavard. Musiques enregistrées et lumières pétaradantes fondent les cœurs dans un feu d’artifice superbe dans son extravagance, sa composition et ses éblouissements…

Chaque année, tout est plus beau.

Écrit par : deashelle | 24/08/2010

Michaël P i a n g e r e l l i, …dit le P i e n g,

Attention, ils sont presque connus, ils viennent de gagner à l'Alhambra de Paris la finale 2010 de Zickmeup, le portail accélérateur de talents ! Ils sont tombés sur la scène de la Samaritaine pour ouvrir la nouvelle saison avec la joie des saltimbanques et nous offrir un magnifique bouquet de chansons françaises décapantes, nostalgiques ou rebelles. . . « Et Dieu créa le saltimbanque et vit que ce fut le bordel ,mais le plus beau bordel qui soit… »
Cela démarre souvent en douceur, puis les décibels s’emportent, mais qu’importe ! Le talent est là, nerveux, fougueux plein de feu. Le jazz est là, l’artiste touche à peine terre au milieu de ses acrobatiques pas de charleston sur guitares aux accents manouche! Cela sautille de toutes parts. Cela pétille dans les cœurs. Fascinant ! Et l’orchestre enchaîne, impassible comme une rivière de rythmes. « Fais-moi confiance, c'est pour toi que mon cœur danse... »
Tout charisme et chaleur humaine, Michaël Piangerelli, dit le Pieng, dialogue joyeusement avec le public qui exulte, ravi d’être convié au jeu de la fête… Les textes ont du fond, de la poésie, de l’humour, de la dérision, de la musicalité. De jolis titres de chansons : Ma gitane, Je cherche ce mot, Il y a des nuits, Pieuse brebis, … Son employeur : Le monde, son école : les ghettos de Mouscron paraît-il! Ses muses, toutes les femmes, et la sincérité comme étendard. Sa présence en scène vous coupe le souffle et arrache des larmes de rire. « Piangere » en italien. Sa troupe l’entoure de bonheur, de chœurs et vibre sous sa magie. Le public est saturé de plaisir, mordu par le diable, enivré de vie. Vivent les bateleurs!
Chant: Michaël Piangerelli
Guitare, choeurs: David Caporaso
Guitare, choeurs: Paul Guernier
Basse: Dimitri Evers
Batterie: Benoît Derycke
http://www.lasamaritaine.be/informationsprat/index.html

Où qu'ils soient, courez les applaudir!

Écrit par : deashelle | 30/08/2010

Tous Trois Talentueux et Très applaudis : le Trio Animus Triomphant sur la scène de la SamariTaine

… hier soir et encore jusque samedi soir !
Oh Happy Days !
Le pianiste Jean Jadin est le «master of ceremonies» et tout cool et tout rythme, présente les gospels avec cœur et humour, Le saxophoniste Tom François joue de la musique angélique sur sa flûte traversière, des percussions et glousse et rit dans son saxo. Déjà le duo vaut la peine. Composition duelle, entente, registre, variété, inventivité, virtuosité. L’interprétation de Amazing Grace est saisissante de beauté, d’esprit et de profondeur. La salle est muette d’admiration. Est-on dans une église ou dans des catacombes ?
Et nous découvrons la soprano Myriam Gilson. Sa voix généreuse partagée entre le cuivre, l’or et le velours se répand dans les cœurs, fuse vers les cimes, redescend dans les gorges profondes, le regard brille, les sons sont magiques, palpitants, donnent des frissons et pourtant il n’y a pas de courants d’air. Beau comme une prière d’action de grâce, le Deep in the Water. Motherless child : un comble de profondeur et d’intériorité. Avides, nous recevons cette beauté vocale et ces musiques afro-américaines en plein cœur. Le courant magnétique de l’émotion saisit tous les participants, il y a ce silence révélateur de la chose partagée. On est tellement ému que l’on ose à peine applaudir en rythme, muser et se joindre à la joie des musiciens. On marche délicatement sur de la perfection : du jamais vu, cette rencontre de trois âmes si différentes par leur tessiture, leur couleur, leur rondeur… Puis on nous autorise et la salle entière chante Hey Man ou A-men, c’est la liesse. On ressort les larmes aux yeux. Oh Happpy Days…. Une soirée de note bleue. Qui voudrait durer jusqu’à l’aube…
Et pourquoi pas continuer l’ivresse ? « THE WILD PARTY » vous sera présenté à la Samaritaine du
Du mardi 7 au samedi 11 septembre 2010 à 20h30
D'après l'œuvre de Joseph Moncure March
Mise en scène et adaptation scénique de Frederik Haùgness
Avec Benoît Verhaert (paroles), Laurent Delchambre (batterie), Samuel Gerstmans (basse), Grégory Houben (trompette) et Mathieu Vandenabeele (piano)

The Wild Party nous plonge au cœur du New York des années 30, en pleine prohibition, quand les Blancs ont découvert le Jazz... Celui des Noirs. Chez Queenie et Burrs, la fête bat son plein, jusqu'à l'arrivée fracassante du ténébreux Mister Black qui fait chavirer le cœur de la maîtresse des lieux.

Comme un cri de rage des années folles, ce long poème écrit en 1928 et censuré dès sa sortie à Boston, raconte sans pudeur aucune, une nuit de débauche, un amour tragique, une fête sans lendemain: ça chante, ça danse, ça boit, ça sniffe, ça hurle, ça pleure, ça touche... ça transpire le jazz. Sur scène, un acteur et quatre jazzmen se fondent en un formidable quintet pour nous raconter cette histoire avec autant de mots que de notes, c'est du Jazz-Théâtre!
http://www.lasamaritaine.be/topic/index.html

Écrit par : deashelle | 03/09/2010

Etats de couple : tu m’aimes, pour quoi ?

Voici une composition fantaisiste de scènes de couple, tantôt acerbe, tantôt tendre, toujours humoristique à travers leur grandeur et leur décadence. L’absurde et le surréalisme plantent le décor dès la première scène … dérapage immédiat pour s’être fiés à un livre de savoir vivre plutôt qu’au savoir être. La toile de fond est faite de pure mauvaise foi. Les nuances de cette toile lumineuse revêtent les couleurs pastel de l’arc en ciel, au propre et au figuré, pour faire le tour de toutes les situations et en voir de toutes les couleurs ! Savants jeux de projecteurs, sensibles et épicés. Les liens musicaux légers et discrets sont de vrais morceaux choisis. Les scènes éclair se succèdent, les mimes, les mimiques, les rires, les pleurs, les crises et quelques abandons. On se reconnait par flash soudains d’une phrase que l’on a sûrement déjà prononcée un jour et cela chatouille le cœur.

Tout est une question d’optique et de ses illusions. Les changements de lumières, ceux des costumes nous emmènent dans le kaléidoscope amoureux, fracturé par les tâches domestiques, la télé, le boulot, les mille et une incompatibilités et hostilités rentrées. Scènes d’heurs et malheurs domestiques, puis comme un refrain de Zazie dans le Métro on se retrouve soudain avec la même scène, déjà vue, jouée de dix manières différentes, à la Raymond Queneau…. C’est comme dans la vie: ces nœuds sur lesquels on bute sans jamais vouloir changer une ligne du dialogue. Survient alors une magnifique scène de solistes - couple oblige - qui commence tout en douceur, chacun sa partition, et se termine en apothéose cacophonique aussi hilarante que brillante. Qu’ils sont beaux quand ils sont en colère, lorsque homme et femme orchestre se déchaînent! Les deux comédiens se lâchent complètement dans le pastiche de la scène d’ouverture de la Jalousie de Sacha Guitry. Bonheur d’interprétation! Colette Sodoyez est exquise ! La fin ressemble comme deux gouttes d’eau à du Guillaume Musso. Au milieu de toutes les scènes turbulentes dans la mosaïque de ce chaos organisé, on découvre… un couple enlacé dans le vitrail !

Une comédie de Marc Pheline et Odile Clair
Avec Colette Sodoyez et Michel Hinderyckx
Mise en scène: Laurent Renard

2010, festival Bruxellons Une production de Argan42, la comédie de Bruxelles, Au Théâtre des Martyrs pour la saison 2010-2011

Écrit par : deashelle | 10/09/2010

S’offrir une coupe de bonheur théâtral et voir - Un beau salaud -

Voyageur impénitent des cœurs, il est dans la transhumance et l’impermanence. Pénélopes impénitentes elles sont dans la permanence et veillent dans l’attente. Il sera le narrateur débraillé, sans costume d’acteur, électron libre entre le public et la scène des scènes… de ménages. Il prend le public à témoin, se gausse avec lui du théâtre qui se joue à côté de lui, comme si ce qu’il allait dire, n’était pas dans la pièce. Double imposture, déjà. Ce n’est qu’après "l’entre-acte" qu’il quittera " l’entre-deux " et se fera cerner par sa meute féminine.

On irait jusqu’à le plaindre, tant son discours a savamment distillé ses bonnes excuses. Il est égoïste, hypocrite, menteur invétéré et tout cela passe….malgré sa carrière d’imposteur. Le public penche de son côté, François a réussi la gageure d’emberlificoter les cœurs, une fois de plus. Les femmes réunies sur le plateau sont belles, attachantes, sensibles, élégantes, on comprend à peine pourquoi elles ont été plaquées….et ne peuvent que devenir complices et réunir leurs foudres bien qu’elles se détestent avec classe. François est un beau salaud! Qu’elles tricotent, brodent ou fassent de la tapisserie, elles ne feront pas dans la dentelle pour le confondre dans sa duplicité à tiroirs et lui donner quelques fils à retordre!

Le décor unique est splendide: un magnifique appartement design à Neuilly avec grandes terrasses, raffinement phare de ces dames. Une salle à manger télescopique avec des couleurs de paradis…c’est bien le but! Mais l’oiseau n’a qu’une envie, c’est quitter l’enfer doré pour des contrées improbables et des îles aphrodisiaques! Avec ses enchaînements de bons mots coulissants, de répliques à double sens, de situations cocasses, de quiproquos et de cachotteries, cette comédie moderne fait rire aux larmes et s’esclaffer la salle de tellement bon cœur que parfois les répliques en deviennent inaudibles! Et le Don Juan d’attirer une dernière fois la pitié : " Même lorsqu’il souffre beaucoup, on ne voit jamais les larmes du poisson qui pleure." , comble de mauvaise foi. 'On ne peut pas condamner les gens sur les intentions quand même!' … Sommet de la fourberie! Du comique, et de qualité, c’est rare et beau.
Une interprétation savoureuse et très parisienne! Une mise scène sublime de Pierre Pigeolet.

Avec : Pascal Racan, Marie-Paule Kumps, Martine Willequet, Marie-Hélène Remacle, Fanny Jandrain, Gaston Richard, Catherine Claeys.
Théâtre Royal des Galeries 32, Galerie du Roi, 1000, Bruxelles http://www.trg.

08/09/2010 >> 03/10/2010

Écrit par : deashelle | 13/09/2010

Une pièce bouleversante, un texte magnifique et fort : L’hiver de la cigale de Pietro Pizzuti

Eclairage sur la trame : il s’agit de Laura Welter, maintenue en détention préventive, hors de son pays natal,… le Chili sans doute, accusée d'avoir tué le général Oscar Antonio Roederer, ancien dictateur de son pays. Elle risque l’extradition et ses conséquences innommables. L'avocate de la défense, Maître Nathalie Franchi, va avoir du mal à arracher des aveux à sa cliente qui ne veut rien moins à travers son procès obtenir une révision au niveau international de l’immunité parlementaire. Extrait : « …Un vieux Monsieur dont la mauvaise santé était le plus efficace des passeports diplomatiques..»

Prenez deux personnages féminins, quarante ans, aussi contrastés que possible : une avocate très élégante, bourrée de féminité, coupe garçonne et voix de tragédienne, femme protectrice et une terroriste comédienne, feignant l’autisme, les cheveux mi-longs cachant le visage, la démarche mince et hésitante, en tenue de prisonnière kaki, bottines aux pieds, femme victime courageuse.
Mettez-les face-à face et que la joute commence. Le combat singulier s’engage avec subtilité. Il y a un mystère à découvrir, une question fondamentale à comprendre. Rien ne progresserait sans cette interrogation et sans cet interrogatoire, minutieux, presque socratique. Qui des deux est la fourmi ou la cigale, on ne cesse de se poser la question.

L’empathie est le tiers personnage. On découvre qu’elles ont en effet la capacité de se mettre à la place l’une de l’autre, elles possèdent une qualité d’écoute profonde et ces deux femmes vont mutuellement se métamorphoser peu à peu au contact de l’autre, de révélations en révélations, les émotions devenant de plus en plus palpables et partagées. Le sujet est grave, le texte de la loi inflexible. Le texte de Pizzutti est saisissant et fourmillant de nuances. Tout les sépare et tout va les faire se rejoindre dans un même combat, celui de la vie ! Peu à peu, on assiste à un crescendo de révélations de plus en plus violentes au fur et à mesure que le meurtre semble devenir justifiable. Quel tour de passe-passe ce combat verbal féroce et obstiné de filles d’Hercule, aussi fortes l’une que l’autre, où les rôles finissent par se renverser ! Et voilà le transfert du pouvoir absolu de l’une, vers le pouvoir de l’autre, car on l’aura reconnu : c’est la liberté et le pouvoir de la vie qui doivent émerger ! C’est qu’elles ont en commun une confiance éperdue dans le progrès humain et la victoire du Bien sur le Mal. Et en secret, la nécessité d’une certaine rédemption.
Pourtant tout les séparait. Cigale et fourmi se rejoignent dans une nouvelle Antigone qui ne mourra pas, ni l’été, ni l’hiver. Pièce admirable servie par des comédiennes de haut vol…

du 09/09/2010 au 30/10/2010 - Théâtre Le Public - 1210 Bruxelles
Salle des Voûtes - Création mondiale - Avec Nathalie Cornet et Laurence Vielle, Mise en scène Magali Pinglaut

Écrit par : deashelle | 16/09/2010

"Une œuvre qui creuse le sillon lancinant du malaise de la civilisation…"

Toute l'ambassade grecque était présente et la salle du Théâtre des Martyrs, comble !

« LES GRECS », épopée en deux parties d’après Homère, Eschyle, Sophocle et Euripide

Fabuleux exploit : le tragique ancien nous revient. Le Théâtre en Liberté se lance à l’assaut des grands mythes méditerranéens qui ont mis en place notre pensée il y a 2500 ans. L’entreprise est osée mais très réussie et dans la tradition grecque du questionnement on ne cesse de se demander : que font les dieux, qui sont-ils ? Nos actions ne sont-elles les reflets de leurs décisions, Le destin est- il tout puissant détermine-t-il nos heurs et malheurs ? Sont-ils dignes de notre respect ? Nos choix sont-ils libres ? Les choix masculins ne penchent-ils pas inévitablement vers le pouvoir et le pouvoir absolu qui tue tout sur son passage ? Quelle est cette soi-disant Nécessité qui fait froid dans le dos, justifie et entraine la folie des hommes et le carnage ? A bout de souffle dans une scène émouvante, Clytemnestre conjure Agamemnon de « ChaN-GeR » ! De ne pas faire les choix « de l’intérêt de l’état » mais de choisir la vie…. Toutes ces questions valent la peine de se poser au bord de la route et de réexaminer nos motifs profonds et notre loi morale, pour nos libérer des démons de la cupidité de l’orgueil et du pouvoir…. « Nous sommes tous esclaves… »

La pièce est faite d’une mosaïque d’éléments qui réactualisent ces questions de cette culture grecque éternelle, avec justesse, finesse et force. Le temps, tout puissant, a consacré les douleurs humaines et en a fait matière de réflexion et d’apprentissage. Qui pourrait sciemment continuer à Choisir Aphrodite plutôt qu‘Athéna ? La pièce s’ouvre sur le chaos aquatique promis par l’imposant Poséidon puis se mue en bord de plage où les prisonnières de la guerre de Troie attendent avec angoisse l’ esclavage….Le rapprochement avec les camps de sinistrés ou de réfugiés modernes …est saisissant et la misère humaine à fleur de lèvres, les costumes et les écuelles sont les mêmes. Hécube, la femme de Priam et ses filles, et la prêtresse Cassandre montrent leur courage dans la défaite et l’émotion est forte. Le Grec victorieux a commis le péché d’Hubris en saccageant les temples troyens, et la Victime en appellera à la justice divine…. Puis il y a cette brisure incongrue du temps et de l’espace, nous sommes à Argos, dix ans plus tôt. Le duo désespéré de Clytemnestre et Agamemnon au moment du choix fatidique du sacrifice d’Iphigénie. Meurtre fondateur d’une Grèce unie et puissante qui abattra l’illustre civilisation troyenne trop prospère. Une scène presque insupportable à nos yeux modernes, c’est que les choses ont peut-être changé et… la preuve que les choses peuvent changer. Cependant que le chœur, les petites gens d’Argos, vêtus d’habits noirs du dimanche argumentent… et que Clytemnestre, forcée au meurtre va accomplir son funeste dessein….La mise en scène, le jeu des acteurs et la vérité éclatent à chaque réplique qui vient du fond des temps et s’articule en toute actualité dans notre réalité. Bravo. Nous attendons la deuxième partie du spectacle avec impatience.

http://www.theatredesmartyrs.be/pages%20-%20saison/grande-salle/piece1.html

Première partie : La Guerre - Les Femmes Du 15 au 25/09/2010
Deuxième partie : Les Crimes - Les Dieux Du 28/09 au 09/10/2010

Écrit par : deashelle | 16/09/2010

Festival de Jazz: Le projet Cordes et percussions de André Klenes

Moonly Delights

Dans la vallée…. Ils ont fait un très beau parking souterrain, inondable et inutilisable. Donc l’accès du Marni est plus que problématique pour les visiteurs de la périphérie…. à moins de faire à pied le chemin depuis l’abbaye de la Cambre, parapluie sous le bras pour le retour! Mais nous avons été récompensés. C’est un ancien cinéma au confort exceptionnel, de la place, de l’air et des airs de jazz romantique ce soir là en clôture d’un festival de quatre jours.

Le projet Cordes et percussions de André Klenes, nous a présenté une croisière musicale de grand talent, qui devient spectacle poétique alternant les odes à la lune et à la nature et des créations musicales très inspirées, Orient-Occident. Des pointes de Vivaldi. Des accents hispaniques. Réminiscences dans tous les sens. Une suite celtique, La mer et ses cinq sens, violoncelle et contrebasse vibrantes d’émotion, bleu lunaire, vagues de bonheur musical. Ajoutez le gémissement des oiseaux de mer, le fracas du baiser de la mer sur les rochers, la voix des vents, le goût du sel et la rose des vents. En suite, un hommage senti, aux musiciens du Titanic. Aux percussions Etienne l’Asiatique aux baguettes fascinantes et pleines d’humour. De la délectation. Le dernier morceau, Amalia, nous arrête devant un bar méditerranéen, amples mouvements de jupes à volants, œillades, talons intarissables. Olé! La reprise, Flying Angel raconte un foxtrot aérien… Dans la vallée, quelle découverte !

Sébastien Walnier : violoncelle
Etienne Plumer : percussions
Jacques Pirotton : guitares
André Klenes : contrebasse,
compositions.

rue de Vergnies 25 - 1050 Bruxelles . t +32 2 639 09 80 . f +32 2 639 09 81 info@theatremarni.com

Écrit par : deashelle | 23/09/2010

Festival de Jazz: Le projet Cordes et percussions de André Klenes

Moonly Delights

Dans la vallée…. Ils ont fait un très beau parking souterrain, inondable et inutilisable. Donc l’accès du Marni est plus que problématique pour les visiteurs de la périphérie…. à moins de faire à pied le chemin depuis l’abbaye de la Cambre, parapluie sous le bras pour le retour! Mais nous avons été récompensés. C’est un ancien cinéma au confort exceptionnel, de la place, de l’air et des airs de jazz romantique ce soir là en clôture d’un festival de quatre jours.

Le projet Cordes et percussions de André Klenes, nous a présenté une croisière musicale de grand talent, qui devient spectacle poétique alternant les odes à la lune et à la nature et des créations musicales très inspirées, Orient-Occident. Des pointes de Vivaldi. Des accents hispaniques. Réminiscences dans tous les sens. Une suite celtique, La mer et ses cinq sens, violoncelle et contrebasse vibrantes d’émotion, bleu lunaire, vagues de bonheur musical. Ajoutez le gémissement des oiseaux de mer, le fracas du baiser de la mer sur les rochers, la voix des vents, le goût du sel et la rose des vents. En suite, un hommage senti, aux musiciens du Titanic. Aux percussions Etienne l’Asiatique aux baguettes fascinantes et pleines d’humour. De la délectation. Le dernier morceau, Amalia, nous arrête devant un bar méditerranéen, amples mouvements de jupes à volants, œillades, talons intarissables. Olé! La reprise, Flying Angel raconte un foxtrot aérien… Dans la vallée, quelle découverte !

Sébastien Walnier : violoncelle
Etienne Plumer : percussions
Jacques Pirotton : guitares
André Klenes : contrebasse,
compositions.

rue de Vergnies 25 - 1050 Bruxelles . t +32 2 639 09 80 . f +32 2 639 09 81 info@theatremarni.com

Écrit par : deashelle | 23/09/2010

La scène est jonchée de gamelans et autres instruments exotiques, aussi étincelants que des barges royales attendant les musiciens de Java. Face aux spectateurs, les deux ensembles de musiciens arrivent ensemble: Java en rouge et or Bali en bleu et blanc, plus… maritime ou lunaire. Ils saluent avec ferveur. Ils portent de légers turbans à aigrette et des costumes enchanteurs. Les yeux mi-clos pendant que « les autres » jouent. Respect absolu. Ecoute mutuelle. Tour à tour ils nous présentent des musiques en hommage à Steve Reich, mais où leur sensibilité explose. Nous retenons des deux côtés, une richesse fabuleuse d’inventivité dans des compositions cycliques que l’on eût pu taxer de répétitives à l’envi !

Que non, tant les carillons de vents, les concerts subaquatiques, les bruissements d’arbres de vie, que les feulements de jungle, tantôt la frénésie générale tantôt le hululement d’une plume, nous promènent et dans la surprise toujours renouvelée. C’est une musique qui emmène dans l’inconnu, le mystère et nous comble de curiosité. Car dans ce dédale de musiciens et d’instruments divers, qui semblent jouer la même chose ad libitum, le peuple assis en tailleur réagit à la moindre inspiration, change subrepticement de ton ou de rythme ou d’intensité sur un mouvement de sourcil, juste comme on commençait à entrevoir le dessin !

Voici orage, tremblements, feu dévastateur, impossible de repérer quels instruments jouent exactement, les sources sonores s’entrelacent, des traînées de notes obsessionnelles laissent la place à une goutte d’eau. Musique visuelle presque dansée, en position de lotus, le groupe exulte, rit, pousse des cris de joie, agite des bambous, raconte des cavalcades et des piétinements, tout notre imaginaire s’en trouve percuté. Pour finir c’est une danseuse qui dirige l’orchestre, en un savant dialogue musclé et saccadé, avec le maître tambours. Soudain un masque se tourne vers nous et on est sans doute dans une mythologie inconnue, auprès des dieux. Il n’y a pas que les instruments qui jouent, les yeux, les visages, les cous, les sourires se balancent et indiquent un rythme intérieur. Les épaules embrayent, le torse les bras, les mains forment chorégraphie dans un ensemble coordonné dieu sait par quel mystère. C’est soufflant, à cause de tous ces esprits tantôt en ébullition tantôt en méditation profonde… Quand l’Asie vient à nous ainsi, on est frappé de bonheur.

Dans le cadre de
ASIA ON STAGE

Voici le programme: http://www.bozar.be/activity.php?id=10213&lng=fr

Écrit par : deashelle | 23/09/2010

L’INCENDIE DE LA VILLE DE FLORENCE
Texte de : OLIVIER COYETTE
Joué avec brio au THÉÂTRE DE LA BALSAMINE
21/09/2010 >> 02/10/2010

avenue Félix Marchal - 1030 Bruxelles – Belgique Site Web : http://www.balsamine.be

Le public est sous le livre qui égrène les images de merveilles humaines, époques et horizons confondus. Brouhaha étourdissant, tant il y en a. Quand la page blanche se meut, la page est pliée en deux, au creux du pli, quatre femmes, de chair, de cheveux, de rires, d’humeurs et de voix surgissent et s’élancent au plus près du public, comme la voile dans le vent. Qui souffle ? Pour aller loin, au près serré, à travers les déferlantes…. Nouvelles Euménides ? Leur chaleur caresse le premier rang, facettes dévoilées, elles Vivent. Leurs voix émeuvent, leurs gestes captivent, parlent les yeux… Ecoutez-les respirer, faites de même, voyez battre leur col plein de vie, vous sentirez la vie déferler. C’est ce qu’elles font tout au long du spectacle, une ode à la vie.

Quatre voix de femmes qui ne font qu’une, qu’un chant réveillant la torpeur moderne. A la bouche un poème d’élan juvénile, de ravages, d’existence. J’aime donc j’existe… Elles racontent, en faisant tout autre chose - qu’on se gardera bien de vous dire, pour ménager l’effet de surprise. Ne sont-elles pas toutes multi-tâches… ? Elles racontent, en feuilletant une encyclopédie. Mais sous ce réel récité, il y a l’à venir qui va éclore des bouches vivantes…
Le poème a été écrit pour elles, par elles ? Par un homme qui veut percer leur mystère, les connaître enfin, les dévoiler, qui a lâché ses balises pour traverser l’océan. Il y a tant de culture, de tissu complexe fabriqué par l’humanité, tant à découvrir, à apprendre, à faire connaître. Où est l’essentiel ? Wikipedia s’en mêle… recherche: la ville de Florence est passée au peigne fin…. L’histoire, l’actualité, peintures d’une époque, d’une réalité ? L’art, peinture d’une réalité plus haute ? Jamais vue ?

Voici une pièce de théâtre audacieuse et innovante… Las, voici l’avenir, une page blanche, lieu de tous les possibles, angoisses gommées, tant la vie peut être présente et vive, si on le veut. Que sommes-nous maintenant, une cacophonie ? Alors que tout se joue à l’intérieur. Et qu’il faut oser dire, atteindre le vrai et le senti, faire péter les nœuds, se mettre en colère, pleurer et trouver et pincer cette corde ou cela vibre et où cela vit… la femme ose, la vie déferle. Nous ne sommes pas des cellules virtuelles ou mortes…

Écrit par : deashelle | 23/09/2010

Comment le Rhinocéros acquit sa peau,
Comment le Léopard acquit ses taches,
Comment la Baleine acquit son gosier,
L'Enfant Éléphant,
La rengaine du père Kangourou,
Comment naquit la première lettre,
Drôle et poétique, ce spectacle réveille les histoires comme ça de Kipling. Nostalgique aussi, car Best Beloved , sa fille Joséphine, est morte de pleurésie à huit ans…

Elle n’a plus de regard pour s’émouvoir des couleurs, la lumière lui a été ravie… mais elle entend toujours la voix du cœur paternel qui bat pour elle. Son père lui parle inlassablement, à peine s’il fait face au public… Il brandit un atlas pour témoigne de la véracité des histoires à prendre au sérieux. Tout ça s’est passé quelque part, dans des temps lointains, une réalité contée, pour taire l’immensité du chagrin. Fataliste mais tendre, comique à dessein, il commente les vraies estampes de l'écrivain projetées sur les cartons, et, à force de détails répétés, il ponctue les histoires si vivantes avec des accents d’incantation: ...Best beloved !

La scène est jonchée de caisse de déménagement, il est entre deux. La voix sauve, qu’importent le décor ou la réalité. « Un jour, les hommes appelleront ça l’écriture… »

Elle n’est plus, il est Orphée et ressuscite les mots avec attendrissement, pour la faire rire et la surprendre encore, recréant l’amour….un monologue sans fin. Langue loufoque par moments, mime théâtral passionné, les silences aussi sont éloquents. Chemin faisant, un mystérieux gâteau se prépare, voici des miettes de bonheur pour la petite fille. Là-bas, à gauche sur la scène derrière le rideau, qu’y a t- il ? On imagine, sans doute un gouffre béant et vide vers où se tourne inlassablement le visage du père illuminé du sourire de la tendresse pour l'absente…

Pour qui est le gâteau ? Et voici des broderies musicales enthousiastes sur piano à queue Hanley… qui scandent joyeusement la vigueur des histoires et la blancheur des falaises d’Albion. Quelques chansons anglaises farcies d’humour. La salle acquiesce, rit et murmure, l’émotion est palpable. Comme un refrain toujours renouvelé de la dernière histoire, voici le crescendo : les variations de Mozart sur « Ah vous dirais-je maman» et en point d’orgue, l’adagio. Que d’amour dans cette musique qui, plus que les mots encore, enlace et découvre l’invisible…

Nous avons reçu en plein cœur cette interprétation très fine du comédien et artiste Bernard Cogniaux, on a redécouvert des histoires très touchantes….
Un gâteau, dans un gâteau, dans un gâteau…

http://www.theatredesmartyrs.be/pages%20-%20saison/atelier/piece1.html
…Très originale la mise en scène signée Marie-Paule Kumps
Du 21/09 au 30/10/2009
Dim : 26.09 et 03.10

Écrit par : deashelle | 23/09/2010

La nuit de L’audience

De Jean-Claude Idée & Jean des Cars


Année 1900. On s’attend à un piano à queue caché sous le drap, et on découvre un empilement de chaises dorées au milieu d’une pièce fastueuse et vide ! Empilement de barreaux dorés , car la pièce qui se joue est une prison. Des colonnes grises comme la pluie belge rendent l’endroit encore plus sinistre. Loin des palmeraies du Mexique… Au pied du balcon, les douves glacées du château de Bouchout, sont nettement plus carcérales que les jardins français du château de Tervuren qui vient de brûler ! Charlotte, impératrice du Mexique y est enfermée avec sa folie ou non, soumise à la volonté de son frère Léopold II qui l’a dépouillée de ses biens, de ses droits de son identité et même de sa filiation. Avec sa dot il a acheté le Congo et la sœur se meurt, par raison d’état, pour raison de folie. Qui eût cru que de si sombres desseins puissent se tramer au nez et à la barbe de l’Europe entière ? Camille Claudel revisitée. La visite : l’autre femme, Agnès de Salm-Salm, femme d’extérieur, aventurière hors du commun, n’ayant peur de rien, entreprenante, guerrière même, qui s’est « battue contre la guerre », belle, par ce que c’est Brigitte Fossey, vient la délivrer et peut-être l’aider à fuir. Armée, elle a balayé les geôliers, le docteur et sa seringue calmante et la gouvernante allemande.



Les deux femmes qui ne se connaissaient que sur dossier détaillé se rencontrent enfin, se mesurent, se jaugent, se scrutent, s’auditionnent, s’esquivent, et tombent dans la connivence des secrets partagés. Le duo de femmes devient alors musique de cœur, un peu de tequila - Mexique oblige. Agnès a quitté son chapeau de voyage et la coiffe de folle de Charlotte tombe après avoir revêtu sa dérisoire couronne. Elles sont devenues « sœurs d’orgueil !». Emergeant par dessus la camisole de forcenée, le cheveu vivant, brouillon, blanc et court apparaît, une vie volée renait. La vérité aussi…. se dévoile, petit à petit. Carlotta est femme victime, Agnès est femme protectrice. La condition de la femme ? Comment s’advenir ? Comment refaire surface dans la réalité après 25 ans d’internement ? « Vous avez peur de la réalité ! … C’est que j’en ai perdu l’habitude ! » Comment s’extirper de la machination machiste, des serres de l’avidité qui méprise superbement la vie ? Léopold a enterré sa sœur vivante. La pièce réhabilite sa mémoire, fait revivre un pan de l’histoire belge très peu glorieuse et soigneusement dissimulée dans nos cours d’histoire.




Le seul refuge pour Carlotta sera dans les chimères du monde intérieur, la magie de la folie, feinte ou non, loin de la « volupté des fonctions végétatives ! ».




Expression du talent féminin : Ce duo de femmes, Brigitte Fossey et Frédérique Tirmont, totalement opposées tant par la voix que le langage corporel, les postures et la photogénie jouent chacune dans leurs registre, superbement. « Le jour où je cesserai d’être neuve je serai morte ! » Maîtrise totale et nuancée de l’élocution et de la théâtralité…Jeu comparable à une orchestration de musique faite de contrebasse et violoncelle…Emouvant et beau.

http://www.theatreduparc.be/spectacle/spectacle_2010_2011_001 Mise en scène: Patrice KERBRAT.

Décor: Edouard LAUG. avec: Brigitte Fossey (Agnès) Frédérique Tirmont (Charlotte) Nathalie Stas (La suivante) Olivier Cuvellier (le médecin)

Écrit par : deashelle | 29/09/2010

Pièce Montée

De Pierre Palmade


On est allé revoir LAURE GODISIABOIS pour son style. Joli divertissement ! Immense pouvoir comique de « cette vraie actrice » seule en scène, sont les mots susurrés à gauche et à droite que l’on peut entendre à la sortie du spectacle. Le jeu est incessant, à peine moins turbulent que celui d’une jeune chatte enfermée dans une cuisine. Les intonations et la voix sont au bord de l’étrange, sorcière morte de solitude, ou Bobo du XVI è ? Tour à tour pétillante ou frissonnante et inquiète elle se joue du temps qui passe. Duel serré. Heureusement qu’il y a le tiers : dès le début s’installe une absolue connivence avec public puisqu’il est là, lui, alors qu’amis et famille se font désespérément attendre, cela nous mène au bord de l’attendrissement. Pathétique, sa chanson d’accueil, une ode à l’amitié, si dérisoire ! On sortirait bien de son fauteuil pour aller la consoler !

Pièce montée. Comment passer le temps ? Meubler le silence implacable de la rue sans voitures, parler au voisin et son chien par la fenêtre, raconter et vivre un cauchemar, dévoiler avec ironie incisive les inimitiés profondes des pièces rapportées, tout un montage ! S’affairer sans cesse pour les détails domestiques. Elle marche sur le fil poétique: voici un savoureux coup de téléphone où elle n’est pas toute blanche, et où elle épèle son nom un peu comme dans le fameux sketch du Télégramme. « Je m’appelle Françoise Lumière : C’est comme PUMA, mais avec un -L- et à la place du A à la fin : i-è-r-e……» Hier ou Demain ? Consulter les horoscopes, chanter et danser des souvenirs heureux tant qu’on y est, puisqu'on attend!



Broder avec verve et humour quelqu'accent anglais. S’adressant à son seul partenaire, le public : « You’re welcome !» dit-elle avec un clin d’œil irrésistible elle fait de son angoisse une somptueuse dentelle inutile et belle.

La table de style dit tout son cœur débordant d’amour et de brocarts rêvés, l’installation dinatoire pour pages de maisons de charme dit sa solitude profonde. Doux-amer parfait. Loufoque sérieux. Espièglerie et tristesse. D’un bout à l’autre : du vrai talent, à croquer!

Spectacle de clôture du festival d'été de Bruxellons

http://www.argan42.be/fr/piecemontee.html

Écrit par : deashelle | 29/09/2010

VY

« Je suis née en Algérie de père vietnamien et de mère belge. Quand mes parents se sont séparés, nous sommes venus vivre à Mons avec ma grand-mère maternelle qui développait un racisme totalitaire. Nous représentions le “péril jaune”. Pour elle, éduquer un enfant consistait à l'empêcher de rire, de jouer, d'avoir des secrets. L'adulte avait le pouvoir absolu », raconte la comédienne toute menue.

Devant l’immense mur de briques du théâtre surgit une véritable enchanteresse, légère comme une plume en robe ethnique noire, épaules et pieds nus, cheveux tirés comme une ballerine. Une phrase soudaine détonne dans son cœur fou de vivre. Une phrase innocente de la femme-oiseau, une voisine maghrébine, chaleureuse mère de famille nombreuse chez qui elle se réfugie de temps en temps. Une permission de vivre et d’ouvrir les yeux : « Il faut de tout pour grandir » dit-elle à la petite fille comme la bonne fée… « Pourquoi as-tu besoin de la musique de l’oiseau en cage au bord de la fenêtre?» demande-t-elle, elle qui d’habitude muselée, n’ose que de rares pourquoi. « Pour retrouver mes ailes » répond la voisine sibylline. Son professeur de piano lui disait : « Ecoute le chant, raconte l’histoire, même dans une gamme… ». Mais elle a dû apprendre à rire en silence. Et à fuir sur la pointe des pieds.

Vy en vietnamien veut dire « tout petit », c’est le nom de sa poupée de bois, son doudou, qui raconte ses déboires avec humour et douceur et s’échappe par le verbe gracieux et tendre par-dessus les murs de silence hostile. C’est cette poupée qui a pleuré silencieusement quand la grand-mère a coupé sauvagement les magnifiques cheveux de sa sœur. « J’ai cru que j’allais vomir ! » nous confie-telle, pour l’atteinte symbolique à l’intégrité de sa sœur, en attendant son tour. Touches par touches l’enfance et l’adolescence se disent sur les pages blanches du cahier d’écolière cent mille fois visitées par l’ancêtre curieuse et méchante, comme dans les contes de fée. La poésie, la grâce vont faire d’elle une artiste de gestes et de mots. C’est le conte de fée. Au fond d’elle il y a cette détermination de vie de la mauvaise herbe, « de cochon jaune », oserait persifler la marâtre … et une jeune fille amoureuse de la danse, de la musique et des mots en train d’éclore et de briser sa coquille.

Parfois, dans son lit elle s’écrie en silence « Dis-moi papa je ne sais plus me servir de mes ailes, je ne sais plus où est le ciel». Yen l’hirondelle est au bord du désespoir. Mais quand elle a vu Ismaël, un ange aux yeux si brillants, amoureux des oiseaux, elle a senti « ce battement d’ailes de ce frémissement du ciel ». Au comble du malheur elle dit avec une douceur de papier de soie « la vie est un rêve, je vais me réveiller ou mourir ! » … Et jamais elle n’accusera, pas d’amertume, car elle a découvert la Vie en elle, devenue comédienne … et facteur. Et quoi de plus beau : la Vie ! Les Lettres ! Avec amour, sur la croix noire de sa grand-mère elle grave avec le crayon doré de ses plus beaux poèmes un message de paix:

« Elance ton âme vers le ciel et … Vis ! »





« Vy » de et par Michèle Nguyen, Atelier Théâtre de la Vie, 45 rue Traversière, 1210 Bruxelles



http://www.theatredelavie.be/

Écrit par : deashelle | 29/09/2010

V Y

« Je suis née en Algérie de père vietnamien et de mère belge. Quand mes parents se sont séparés, nous sommes venus vivre à Mons avec ma grand-mère maternelle qui développait un racisme totalitaire. Nous représentions le “péril jaune”. Pour elle, éduquer un enfant consistait à l'empêcher de rire, de jouer, d'avoir des secrets. L'adulte avait le pouvoir absolu », raconte la comédienne toute menue.

Devant l’immense mur de briques du théâtre surgit une véritable enchanteresse, légère comme une plume en robe ethnique noire, épaules et pieds nus, cheveux tirés comme une ballerine. Une phrase soudaine détonne dans son cœur fou de vivre. Une phrase innocente de la femme-oiseau, une voisine maghrébine, chaleureuse mère de famille nombreuse chez qui elle se réfugie de temps en temps. Une permission de vivre et d’ouvrir les yeux : « Il faut de tout pour grandir » dit-elle à la petite fille comme la bonne fée… « Pourquoi as-tu besoin de la musique de l’oiseau en cage au bord de la fenêtre?» demande-t-elle, elle qui d’habitude muselée, n’ose que de rares pourquoi. « Pour retrouver mes ailes » répond la voisine sibylline. Son professeur de piano lui disait : « Ecoute le chant, raconte l’histoire, même dans une gamme… ». Mais elle a dû apprendre à rire en silence. Et à fuir sur la pointe des pieds.

Vy en vietnamien veut dire « tout petit », c’est le nom de sa poupée de bois, son doudou, qui raconte ses déboires avec humour et douceur et s’échappe par le verbe gracieux et tendre par-dessus les murs de silence hostile. C’est cette poupée qui a pleuré silencieusement quand la grand-mère a coupé sauvagement les magnifiques cheveux de sa sœur. « J’ai cru que j’allais vomir ! » nous confie-telle, pour l’atteinte symbolique à l’intégrité de sa sœur, en attendant son tour. Touches par touches l’enfance et l’adolescence se disent sur les pages blanches du cahier d’écolière cent mille fois visitées par l’ancêtre curieuse et méchante, comme dans les contes de fée. La poésie, la grâce vont faire d’elle une artiste de gestes et de mots. C’est le conte de fée. Au fond d’elle il y a cette détermination de vie de la mauvaise herbe, « de cochon jaune », oserait persifler la marâtre … et une jeune fille amoureuse de la danse, de la musique et des mots en train d’éclore et de briser sa coquille.

Parfois, dans son lit elle s’écrie en silence « Dis-moi papa je ne sais plus me servir de mes ailes, je ne sais plus où est le ciel». Yen l’hirondelle est au bord du désespoir. Mais quand elle a vu Ismaël, un ange aux yeux si brillants, amoureux des oiseaux, elle a senti « ce battement d’ailes de ce frémissement du ciel ». Au comble du malheur elle dit avec une douceur de papier de soie « la vie est un rêve, je vais me réveiller ou mourir ! » … Et jamais elle n’accusera, pas d’amertume, car elle a découvert la Vie en elle, devenue comédienne … et facteur. Et quoi de plus beau : la Vie ! Les Lettres ! Avec amour, sur la croix noire de sa grand-mère elle grave avec le crayon doré de ses plus beaux poèmes un message de paix:

« Elance ton âme vers le ciel et … Vis ! »





« Vy » de et par Michèle Nguyen, Atelier Théâtre de la Vie, 45 rue Traversière, 1210 Bruxelles



http://www.theatredelavie.be/

Écrit par : deashelle | 29/09/2010

Les G R E C S deuxième partie au théâtre des Martyrs

d'après Homère, Eschyle, Sophocle, Euripide

Au théâtre des Martyrs, splendide deuxième partie

Œuvre de transmission, la suite de l’épopée est tout aussi grandiose. Si pas plus percutante car il s’agit de découvrir, grâce aux textes millénaires, notre ajustement dans ce monde si éphémère, parvenir à la vie bonne, trouver notre juste place, se fondre dans l’harmonie de l’ordre cosmique. Combattre le chaos et les forces du mal. Retrouver la paix. Le texte est magnifique, intemporel et cadencé. L’empreinte des grandes tragédies laissera sa trace de sagesse pour ceux qui n’y ont jamais été exposés, quel défi et quel bonheur à la fois ! Rien ne dure, sauf l’écriture.




Le jeu d’Electre, fleur de sel sauvage, opiniâtre et noble, est digne du Grand Sophocle. Elle paraît si jeune, tout amour pour son père et son frère, et si forte. De la passion à l’état pur, cheveux courts en broussaille, nervosité, rage et débordements. « Je ne fais que montrer la vraie nature de celle qui m’a conçue ! » « Ta colère a fait de moi ce tas de haine ! » Clytemnestre, comme d’habitude ne l’écoute pas et s’adressant à Apollon le supplie : « Accorde-moi ce que je n’ose dire et que, dieu, tu auras compris ! » Elle appelle la mort de son propre fils pour protéger sa vie et celle de son amant, Egisthe. Au mépris du bien de ses enfants, si facilement reniés.




« L’outrage répond toujours à l’outrage » Clytemnestre aurait pu s’exiler après avoir vengé le sacrifice de sa fille Iphigénie, et aller expier sa culpabilité pour arrêter la malédiction. Non, elle veut avec son amant, jouir de la gloire et du prestige, du pouvoir, spoliant ses enfants à jamais. Electre, devenue animale et gonflée de rage, rejetant tous les honneurs de princesse, est saisissante : c’est la vie même qui se débat dans un cadre de mort. On voudrait la prendre dans le creux de sa main et la sauver. Comme essaie de le faire désespérément, sa sœur Chrisothémis, délicieuse, humaine, d’une extrême compassion pour sa sœur, une fleur de vie. « Electre, réfléchis, la justice peut être mortelle ! »





« Ceux qui font le mal, souffrent ! » Le chœur ne souligne-t-il pas : « Le plus grand des dons des dieux est un esprit modéré ». Il clame sa confiance dans l’homme, fondement de l’humanisme : « il n’est rien que les humains ne puissent surmonter ! » Hélas l’humanité est prise aux filets du Destin, Cassandre la première, dans sa robe de dentelle, elle sait qu’elle va mourir, que les hommes ne croiront pas ses prophéties. Elle est, selon le concept grec, déjà morte. Clytemnestre, suffocant de jalousie, lui souffle : « Orgueilleuse, tu es maintenant sans patrie! ». La malédiction est sur tous les Atrides. Oreste est pris de folie après le meurtre de sa mère. « Le mal engendre toujours le mal » Il faut donc interrompre le cycle infernal : « La loi, non la vengeance ! » Mais aucun homme n’est jamais libre, nous sommes toujours esclaves de quelque chose….





Cette création théâtrale est magistrale, costumes, coiffures, mise en scène prodigieuse. La foule de comédiens est un vrai peuple transmetteur. Agamemnon, Oreste, Pylade, sont des virtuoses de notre humanité. Le chœur est pétri d’humour, de sagesse et de bonne distance ... et les rôles de DOLORÈS DELAHAUT et d’ HÉLÈNE THEUNISSEN sont interprétés avec l’énergie … du dés’Espoir !




http://www.theatredesmartyrs.be/pages%20-%20saison/grande-salle/piece1.html

Première partie :

La Guerre - Les Femmes Deuxième partie :

Les Crimes - Les Dieux Du 28/09 au 31/10/2010

Écrit par : deashelle | 02/10/2010

SARAH Le Cri de La Langouste

Avec Jacqueline BIR et Alexandre VON SIVERS
Titre original: Memoir (1978) de John MURELL adaptation de Eric-Emmanuel SCHMITT
Mise en scène : Daniel Hanssens, création de Argan 42


Eté 1922… Sarah Bernhardt, vieillie, tente de dicter ses mémoires à son secrétaire Pitou. Pour l’aider à se souvenir de cette vie d’aventure, d’audace et de fantaisie, il accepte de jouer les personnages qu’elle veut retrouver. Ainsi, sa mère, sa sœur, son amant, son mari, son fils, son imprésario américain, un machiniste, Oscar Wilde et George Bernard Shaw répondent tour à tour à une Sarah Bernhardt défiant sa propre mort entre vie et théâtre.


Personne ne me croira, mais je regarde Jacqueline BIR et Alexandre VON SIVERS jouer Sarah Bernhardt dictant la 2e partie de ses mémoires à son, P majuscule, de Patient secrétaire nommé Pitou, et avant de devenir elle-même une, p minuscule, poussière, …. et je vois soudain une femme croulant sous l’expérience de deux ou trois siècles contigus, refaire tout le chemin exploratoire de l’imagination, comme le fait avec tant de passion et de grâce un enfant de trois ou quatre ans quand il invente le bonheur magique du théâtre.

J’explique : en scène il y a l’enfant qui veut faire éclore son histoire avec une détermination flambante… Ni boire ni manger ne l’intéressent, encore moins dormir ! Comme Sarah ! Il faut inventer des excuses pour arrêter le jeu… Le jeu bouge sans cesse : glissements de personnages, de temps et de lieux, l’imparfait ludique relie le tout, l’enfant exulte. Une toute nouvelle réalité pour lui, celle qu’il crée de toutes pièces, voit le jour. Son esprit ne connait pas de limites. Liberté sauvage, quelle excitation dans ses yeux ! Il se fâche quand le compagnon de jeu ne se plie pas à ses caprices créateurs, force à continuer quand on voudrait s’évader, mais il est craquant de candeur et de plaisir sur les chemins de ses histoires et frissonne sous le plaisir du jeu pour le jeu. Et le compagnon de jeu lui aussi de s’embarquer inévitablement pour Thespies ! Voici ce que nous avons connu sur scène ce soir. Arrêter le temps et la réalité ambiante pour se livrer aux plaisirs fascinants de la création vivante … même s’il y a un texte adapté par de E.E Schmitt derrière, qu’importe ! La grande Jacqueline s’amuse de son secrétaire avec ravissement. Celui -ci endosse avec bonheur le rôle poétique du petit prince : « Je suis responsable de vous ! »déclare-t-il. On dirait qu’il parle à la rose !

Quant à Sarah, les souvenirs ne sont qu’un moyen de retrouver le frisson, c’est le jeu qui la galvanise. Même si c’est au prix d’une âcre réflexion sur l’âge et ses destructions : « Rien ne vaut la peine d’être vécu, le soleil a raison de se consumer le plus vite possible » Le tragique grec nous saisit à la gorge: « Devoir se fondre dans la boue et l’obscurité définitive. Nous rentrons tous dans le même marais im-monde » …Est-ce à dire « Sans monde ? »
Le pathétique abonde : elle cite les paroles de Phèdre : « Tout m’afflige et conspire à me nuire, Soleil, je viens te voir pour la dernière fois… » Des salves répétées d’ironie amère accusent l’absence de sens de la vie et la finitude même de « la boule » au rang du quel elle n’hésite pas à se hisser. Vous aurez compris, Il s’agit encore du soleil : « A quoi sert le soleil ? A me faire oublier que l’univers est obscur ! » Et soudain, une lueur d’espoir: « Le soleil ne se couche pas, il se lève ailleurs ! »
Jacqueline partage sans doute frénétiquement avec Sarah l’immense mélancolie de la vie et celle du bout de la course… Les deux étoiles se réunissent, à défaut d’atteindre l’éternité rêvée. Et puis, qui sait ? Sarah a lancé à la volée et sans la moindre honte les documents soigneusement étiquetés par son fidèle secrétaire. Quelle importance ? Voyez la jouissance dans son jeu de scène, dans les comptes qu’elle règle avec sa mère, sa sœur, « J’ai rêvé de l’impossible puisque tu ne rêvais de rien pour moi ! » son mythe fondateur, accusateur et tragique. Elle se complait dans le plaisir de donner « J’ai nourri l’ogre (le public) » et se réjouit « Il te sera beaucoup pardonné car tu as beaucoup aimé…». Elle s’empare de la réplique, de la joie du drame, des mimiques savantes et autres gestuelles théâtrales. Sarah Bernhardt pleure sa vie qui s’éteint, mais Jacqueline, s’amuse au firmament. Quoi de plus beau et de plus étincelant? On ne vous dira pas son âge à la fin, lorsque tombe le rideau !
Pièce solaire

http://www.argan42.be/fr/home.html

Écrit par : deashelle | 22/10/2010

LES MONSTRES DE BAUDELAIRE

Heure: 23 Septembre 2010 à 20 30 à 9 Octobre 2010 at 23 00
Emplacement : Théâtre Littéraire de la Clarencière
Rue : du Belvédère
Ville : 1050 Bruxelles
Site web ou carte : http://www.laclarenciere.be
Téléphone : 02/640.46.76
Type d'événement : théâtre
Organisé par: Espace Littéraire la Clarencière

D’après ‘Les Fleurs du Mal’ de Charles Baudelaire
Une mise en scène : Fabien Franchitti
Assistanat à la mise en scène : Matthieu Meunier
Avec : Renaud Lourtie, Pascale Kinanga et Marco Fabbri
Production : Compagnie fil de l’araignée


« Il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde!
Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes, ni grands cris,
Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde.
C'est l'Ennui!- L'oeil chargé d'un pleur involontaire,
Il rêve d'échafauds en fumant son houka.
Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,
Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère! »


« La nature est laide et je lui préfère les monstres de ma fantaisie. » Baudelaire. La création artistique, antidote de choc, nous mène dans un imaginaire puissant pour combattre le spleen. Le poète exprime avec lucidité son dégoût pour la nature délabrée de l’homme. Et de ce délabrement peut naître de l’art sublime.
L’artiste et sa muse sont enfermés chacun dans une cage de part et d’autre de la mort, installée comme une diva dans un fauteuil à deux places, « un divan profond comme un tombeau » personnage androgyne à la mâchoire étincelante et gourmande. Et la voix de gorge profonde surmontée de lèvres obscènes est fascinante. Mais le poète en haut de forme et maquillé comme un vampire n’a pas peur, et la mort le contemple avec ennui. « Ma pauvre muse, qu’as-tu donc ce matin ? » C’est la création qui le sortira de son mal de vivre. Sa muse exotique danse, il la regarde les yeux fermés « je t’adore, ô grande taciturne, tu mettrais l’univers entier dans ta ruelle ! » et se glisse hors de lui-même, la cage qui l’enferme. Le chat, le vin, la musique, sans cesse s’agitent, à ses côtés, rampent tous ses démons. La muse supplie Satan de prendre pitié de sa grande misère. Le poète est maudit. On est pris par le jeu intelligent et fin des acteurs dans cet espace si réduit... on se trouve mêlés à une danse macabre de mots épouvantables mais délectables de sonorité et de rythme… La Clarencière a osé évoquer un monstre sacré. Chapeau !

http://artsrtlettres.ning.com/xn/detail/3501272:Event:78753?xg_source=activity

http://artsrtlettres.ning.com/profiles/blog/feed?user=29982r2s64qm0&xn_auth=no

Écrit par : deashelle | 22/10/2010

LES MUTINÉS DU FISH AND SHIP

Vu le succès : reprise de cette saga délirante par la compagnie du « MAGIC LAND THÉÂTRE » écrite et mise en scène par Patrick Chabou.

Lorsque le gouverneur et sa trop charmante épouse embarquent sur le « Fish and Ship », chargés par le roi de remettre de l’ordre dans les lointaines colonies, ils sont loin de se douter du sort terrible qui les attend…





On devait s’y attendre… croisière de rire, déjà le titre était délirant…

Des archétypes, de la grivoiserie plein les oreilles, des chants de marins de part et d’autre du rideau magique, le bonheur partagé des acteurs-et-spectateurs… voilà les ingrédients de l’amusement. A-t-on vraiment envie de s’y laisser prendre ? Et puis, non, c’est quand même irrésistible on se jette à l’eau ! Le dimanche après midi, il y avait beaucoup d’enfants dans la salle, de trois à 12 ans, ils ont sans doute adoré les magnifiques costumes d’époque, l’embarquement sur le bateau à voiles mythique, la tempête mémorable, les combats de la mutinerie, l’abordage d’un bateau collègue, pirate lui aussi, et l’épisode de l’arche de Noé totalement burlesque pour arriver à Port au Prince et couler des jours heureux. L’action débridée les a sans doute ravis et fascinés… Sirotant leur grenadine à l’entre acte dans un vrai bateau de pirates… au milieu des cordages, gaillard avant et arrière, filets, ponts et cabines en tout genre, ils pouvaient rêver de puissance et de liberté. Magique pour eux sûrement. Et mystérieux, conscients que les adultes possèdent certainement des clés encore interdites. L’assaut des mots, des calembours, allusions oiseuses, contrepèteries et autres figures de styles les ont sans doute aussi laissés pantois. Côté adulte, c’est une beuverie collective d’humour et de comique chansonnier. La tête vous tourne, une vraie java verbale, mais les comédiens sont si bons et si artistes que l’on ne peut s’empêcher d’aimer quand même tout ce baroque, ces mélanges généreux, ces pots-pourris, ces gauloiseries bien enveloppées pour ne pas heurter les jeunes sensibilités, ces gallégeades à tiroirs, ce tout pour… la surprise théâtrale sans fond ni loi !

Du 7 octobre au 24 octobre 2010

Distribution : Daniel Cap, Pascaline Crèvecoeur, Christelle Delbrouck, Sophie D’Hondt, Philippe Drecq, Thomas Linckx, Juan Marquez Garcia, David Notebaert, Stéphane Stubbé
Création d’éclairage : François Noé Décors : Isis Hauben et Yves Goedseels Régie : Yves Goedseels et François Noé Costumes : Frédéric Neuville Création sonore : Hughes Maréchal



http://www.magicland-theatre.com/index.php5?pageId=1

Écrit par : deashelle | 22/10/2010

Devinez le titre de la pièce...

L’histoire

John, la petite trentaine, vit avec son petit ami depuis ses 20 ans. Après une rupture, il se retrouve dans une situation très inattendue : il se sent pour la première fois attiré par une femme qu’il a rencontrée sur le chemin du travail… Il sent que cette nouvelle relation pourrait se transformer en quelque chose de solide et de durable. Mais bien qu’il ait de vrais sentiments pour cette femme, John est à plusieurs égards toujours étroitement lié à son ami. Il doit maintenant faire un choix et ce choix est terriblement douloureux car il l’oblige à se définir. Cette situation le tétanise et le réduit au silence. Il doit pourtant décider de la direction que prendra sa vie. La situation est poussée à son apogée dans une scène finale, drôle et dérangeante, où John invite cette femme à manger chez son ami en présence du père de celui-ci, l’ambiance est atrocement inconfortable alors que tous attendent le verdict de John avec sur la table un rôti de bœuf qui n’en finit pas de refroidir.

NOUS Y ÉTIONS, HIER SOIR
Voici une très, très, belle pièce d’un auteur anglais volubile et moderne qui jette un regard sans préjugés sur la sexualité masculine, et sans exhibitionnisme non plus. Tout reste dans la mesure et une certaine retenue. Bravo, le sujet aurait pu vite déraper. Au contraire, alors que le début de la pièce est un peu inquiétant, on s’attache soudain aux quatre comédiens qui mènent leurs approches avec beaucoup de pittoresque et d’honnêteté. C’est presque aussi captivant qu’un vaudeville, mais c’est bien plus.
Beaucoup de nuances, alors que les personnages semblent être un peu des archétypes. Seuls éléments du décor, les terrasses en escaliers sur lesquelles ils évoluent sont autant de points de vues différents, de rapports de forces à géométries variables… et permettent une mise à nu très respectueuse et subtile de chacun. Quatre interprétations vigoureuses, en bleu, rouge, blanc, et mélanges de vert camouflage pour John l’indécis. Il a tant de mal à se dire, il est torturé par ses incertitudes tandis que sa faiblesse tyrannise les deux amours de sa vie. Tout le monde souffre. Pour lui, le choix – c’est mourir un peu –, une douloureuse épreuve, comme pour Hamlet ou Le Cid… ou le John du Meilleur des Mondes.
Mais quelle idée de s’attarder indéfiniment sur la recherche de son identité véritable quand on peut trouver comment nous sommes, et comment on se relie aux autres ? La jeune femme divorcée pleine de tendresse pour John rêve ses rêves de vie et l’invite au voyage. Difficile de ne pas citer Baudelaire :
- Qui aimes-tu, homme énigmatique,
dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?

- Je n'ai ni père, ni mère, ni frère, ni sœur.
- Tes amis ?
- Vous vous servez là d'une parole dont le sens
m'est resté jusqu'à ce jour inconnu.

John dit lui-même qu’il n’est qu’un trophée contre la solitude, le vide et l’ennui de son ami, son frère… mais il lui manque le courage et la volonté de choisir la relation où il pourra exister et être respecté. Démuni, tout entier dans la faiblesse humaine, il est victime des étiquetages pour supermarchés. Sera-t-il maudit ? Qui ne dit mot … consent : l’adage sera-t-il vérifié ? Ou sa résistance silencieuse marquera-t-elle une souffrance indéfinie et muette?

Avez-vous deviné le titre de la pièce ?

Indice : http://www.poche.be/saison1011/cock/index.html

25 Septembre 2010 >> 23 Octobre 2010 Traduction Xavier Mailleux - Mise en scène Adrian Brine assisté de Xavier Mailleux - Avec Christian Crahay, Cédric Eeckhout, Grégory Praet, Erika Sainte

Du mardi au samedi à 20h30 Réservations : 02/649.17.27 - reservation@poche.be -

Écrit par : deashelle | 22/10/2010

Le vendredi 15 et samedi 16 octobre 2010 à 20h30
le nouveau One-Man-Show de JEAN-JACQUES VANIER

Elles


Texte de François Rollin et Jean-Jacques Vanier
Mise en scène de François Rollin

« C'est l'histoire d'un homme qui voudrait comprendre les femmes. C'est donc, un peu, l'histoire, de tous les hommes. Mais en une heure et demi et en plus drôle. Tout commence avec une sombre histoire de chaussures. Quand le héros de la pièce décide d'aller acheter une nouvelle paire, alors que, explique-t-il, il n'avait aucune raison de le faire n'étant pas un grand connaisseur de chaussures, il était loin de se douter que cet acte, on ne peut plus simple, allait bouleverser sa vie. Parce que la vendeuse laisse négligemment un bouton de sa chemise ouvert, offrant à tous une vision de rêve sur son décolleté, avec le précédent client et qu'elle le referme quand c'est à son tour, Jean-Jacques Vanier, ou tout du moins son personnage, se pose des questions. Il va même jusqu'à remettre en question tout son pouvoir de séduction. Oui, il en faut peu pour déstabiliser un homme... »

Eloge de l’altérité, chef-d’œuvre de finesse psychologique, voici que Jean-Jacques Vanier ouvre les vannes du tendre, de la fausse naïveté, de l’ironie affectueuse pour plonger dans la connaissance de l’autre qui n’est autre que celle de la femme. . .

Il se construit une cathédrale d’hypothèses, de questions « lancinantes » sans réponses, mot à mot, en toute logique, suivant ses plans, exposant ses objectifs avec précision : démarche ultra masculine. La nef principale est faite d’une séance absurde d’achat de chaussures dont il n’a cure. Par contre le corsage de la vendeuse semble révéler des mystères qu’il veut soudain approfondir. Qui est la femme ? Quel est son rapport à lui, l’homme? Et le voilà parti à l’assaut de ses chimères, dans un patient travail de construction de l’éternel féminin. Un clocher à escalader ? Il a décidé de la déchiffrer enfin et de la percer à jour. L’astuce : l’expérience scientifique. Il faut donc se glisser dans la peau de cet être énigmatique, prendre sa place dans un jeu de rôles, jouer ce jeu de l’autre à fond comme au théâtre et attendre le miracle. La vérité profonde ne peut que se distiller entre les lignes. Le décor est un savant montage de drapés rouge-théâtre, illuminés par les lustres de joyeux lampions. « Life is a stage ! Isn’t it ? ». A la conquête de la reine de la nuit, il est sûr de sa méthode, même sous forme de soliloque drôlatique, puisqu’il est seul … en scène. Le gain : à travers la connaissance plus intime de la femme, il appréhendera le monde et l’âme humaine. Peut-être aussi il reconnaîtra sa part de féminité et acceptera des traits très « masculins » chez la femme ! Mais le désir, le moteur premier, qu’en adviendra-t-il ?

Et la séduction là dedans ? Est-il si indispensable de connaître d’avance celle qui vous promet monts et merveilles, n’est –il pas très réjouissant de se laisser aller à sa découverte sans se poser mille questions ? Quand la chose est connue, ne devient-elle pas insipide et dénuée d’intérêt ? Ne signe-t-on pas là, l’arrêt de mort du désir ? Une catastrophe : serons-nous un jour confrontés à l’horreur du « même » ? Jean-Jacques, en pur artiste, prendra le parti d’effacer d’un coup de pinceau l’image de la prétendue « connaissance » , pour que l’Autre existe et reste « autre » !

http://www.theatre140.be/

http://artsrtlettres.ning.com/profiles/blog/feed?user=29982r2s64qm0&xn_auth=no

Écrit par : deashelle | 22/10/2010

http://artsrtlettres.ning.com/profiles/blog/feed?user=29982r2s64qm0&xn_auth=no

"Rire, vert!" parce que écolo rigolo!
ON VIT PEU MAIS ON MEURT LONGTEMPS

Théâtre 13 Octobre 2010 >> 30 Octobre 2010


Mise en scène : Samuel Tilman et Alexis Goslain Avec : Fabrizio Rongione
Scénographie : Renata Gorkar
Lumières : Thomas Kazako

Seul en scène de Fabrizio Rongione
Ecrit par Samuel Tilman et Fabrizio Rongione

SYNOPSIS

Tout va mal, la planète se réchauffe, les forêts disparaissent, les rivières sont polluées, l’air devient irrespirable, on ne sait plus ce qu’on mange!...Et pendant ce temps-là, je sais toujours pas où je vais partir en vacances...
Avec humour, le nouveau seul en scène de Fabrizio Rongione décrit les nouveaux défis de l’homme moderne. Sur le ton de la comédie, il épingle avec jubilation les paradoxes quotidiens de la globalisation: pourquoi les nouveaux prophètes verts prennent-ils continuellement l’avion? est-il possible de vivre sans voiture? que penserait un paysan du Moyen-Age s’il nous voyait courir sur un tapis roulant?
De nombreux personnages hauts en couleur rejoindront Fabrizio sur scène pour nous donner leur point de vue sur la question.

Aucun cynisme dans la satire de notre société présentée par Fab , Fabrizzio, Fabrice Fabuleusement drôle et charmant. Il ausculte nos travers, de l’individu à l’organisation du monde en général, avec candeur et lucidité, et sa verve naturelle rend la consultation très comique. Les tensions éclatent en rires compacts, les aléas de la vie courante dégénèrent en rires étincelants, tant c’est du vécu bien observé et bien mis en scène. Les scènes se succèdent avec souplesse et naturel, dans le malicieux cheminement de sa pensée qui bondit d’associations en associations. Et ses volte-face et pirouettes italiennes sont délicieusement parfumées d’esprit latin !
Son rapport avec son grand-père Nono, donne une envergure particulièrement émouvante à ce balayage du siècle fait de contrastes délirants, où la mobilité, la vitesse, les changements ont raflé les certitudes et la sérénité. Il ose dire que pour sauver la planète il faudrait … tous mourir.

Ce spectacle est farci de paradoxes, et l’amusement, presque la liesse engendrée par son art de rire et ses multiples langages zébrés d’ironie fine, nous fait toucher au plus profond des problèmes qui nous préoccupent. Les situations à rire ou à pleurer défilent sans concessions, nous enjoignant de choisir la dolce vita plutôt que la vélocita d’une danse macabre. Pour ne pas nous appesantir sur cette soirée si légère et si grave – à se demander comment il peut pleuvoir à la sortie - disons que le comédien et l’homme montent ensemble un dialogue subtil devant un public heureux d’être là, les yeux fixés sur un zèbre débordant de talent ! Fixés ? … et ce n’est pas une injure, demandez à son grand-père!

Théâtre de la Toison d'Or Tél. : 02-510.05.10
http://www.ttotheatre.be Galerie de la Toison d'Or 396 1050 Ixelles

Écrit par : deashelle | 22/10/2010

Féminaire, le sacre de la Femme

Heure: 13 Octobre 2010 à 20 30 à 15 Octobre 2010 at 20 30
Emplacement : Théâtre Littéraire de la Clarencière
Rue : du Belvédère, 20
Ville : 1050 Bruxelles
Site web ou carte : http://www.laclarenciere.be
Téléphone : 02/640.46.76
Type d'événement : lecture, spectacle
Organisé par: Espace Littéraire la Clarencière



« Mon père était couvreur. Je louchais du subconscient : un œil dans la mine, l'autre sur lui. Le gouffre et les hauteurs simultanément épiés, créateurs d'un unique émoi. De mon père, j'admirais le glissement sur les tuiles, en évadé, en rocambole, , mais aussi parfois, la pâle, la lente reptation. C'était un couturier des toits. Il ne pratiquait certes que l'alpinisme des humbles, néanmoins, il connaissait le royaume du vent (...) Acrobate pur de public, funambule méconnu, mon père fût-il mon premier héros ? » Marcel Moreau sécrète une écriture pulsionnelle et charnelle, établissant l’existence de deux corps, le corps charnel d’abord et le corps verbal ensuite. Il lui faudra l’accès à l’écriture, toute jeunesse passée, pour enfin révéler son corps verbal fait de jaillissements et de peintures sensuelles et érotiques, toutes décrivant au plus précis, la femme et le désir de la femme. « Le corps a donné corps à ma rage d'interpréter l'Homme, et le monde. » Sa dernière pièce injouée et injouable a deux personnages : le rythme et le verbe. C’est dire si son univers est illuminé et insolite."La mort de mon père met fin à mon inconscience. Tout ce qui l'a précédé a été l'enfance des sens. Tout ce qui la suivra sera l'enfance du verbe"
Jean-Claude Drouot établit le parallèle entre le monde minier du Borinage de l’enfance du poète belge, amnésié comme par un coup de grisou par la mort de son père lorsqu’il avait 15 ans et ce monde des profondeurs de la sensualité où l’on débarque comme dans un monde tumultueux, impétueux, fantasmagorique et jamais dit, où l’on pénètre dans les veines souterraines jamais explorées… de l’érotisme incandescent et paroxystique, seule valeur sûre dans les flottements et dérives modernes. Et les dérives anciennes… dans ce texte dont on n’ose dire le nom, plein de colère contre ceux qui touchent à l’intégrité féminine. Féminaire, un sanctuaire !

Jean-Claude Drouot a évoqué de grands noms dans ce spectacle : Alechinsky, Topor, Anaïs Nin. L’actrice Suzy Falk, l’Eve du Théâtre, était présente… et Marcel Moreau « l’objet d'une véritable passion chez ses innombrables (lecteurs) lectrices anonymes ou célèbres sera là en personne vendredi soir… à la Clarencière



Marcel Moreau est né le 16 avril 1933 à Boussu en Belgique. Marcel Moreau a construit une oeuvre majeure dont quatre grands titres, Quintes, L'Ivre livre, Le Sacre de la femme et Discours contre les entraves, ont récemment été réédités. Son cinquante-troisième livre, Une philosophie à coups de rein, apprivoise l'énigme de sa propre mort et nomme les leurres de notre modernité.
http://www.dailymotion.com/video/xd6hw9_la-seve-de-marcel-moreau_creation
http://www.youtube.com/watch?v=Nwowpxs0eDY


Les mercredi 13, jeudi 14, vendredi 15 octobre 2010 à 20h30,
Le dimanche 17 à 16h00 (sous réserve) http://www.laclarenciere.be/

Écrit par : deashelle | 22/10/2010

"Rire, vert!" parce que écolo rigolo!


ON VIT PEU MAIS ON MEURT LONGTEMPS

Théâtre 13 Octobre 2010 >> 30 Octobre 2010


Mise en scène : Samuel Tilman et Alexis Goslain Avec : Fabrizio Rongione
Scénographie : Renata Gorkar
Lumières : Thomas Kazako

Seul en scène de Fabrizio Rongione
Ecrit par Samuel Tilman et Fabrizio Rongione

SYNOPSIS

Tout va mal, la planète se réchauffe, les forêts disparaissent, les rivières sont polluées, l’air devient irrespirable, on ne sait plus ce qu’on mange!...Et pendant ce temps-là, je sais toujours pas où je vais partir en vacances...
Avec humour, le nouveau seul en scène de Fabrizio Rongione décrit les nouveaux défis de l’homme moderne. Sur le ton de la comédie, il épingle avec jubilation les paradoxes quotidiens de la globalisation: pourquoi les nouveaux prophètes verts prennent-ils continuellement l’avion? est-il possible de vivre sans voiture? que penserait un paysan du Moyen-Age s’il nous voyait courir sur un tapis roulant?
De nombreux personnages hauts en couleur rejoindront Fabrizio sur scène pour nous donner leur point de vue sur la question.

Aucun cynisme dans la satire de notre société présentée par Fab , Fabrizzio, Fabrice Fabuleusement drôle et charmant. Il ausculte nos travers, de l’individu à l’organisation du monde en général, avec candeur et lucidité, et sa verve naturelle rend la consultation très comique. Les tensions éclatent en rires compacts, les aléas de la vie courante dégénèrent en rires étincelants, tant c’est du vécu bien observé et bien mis en scène. Les scènes se succèdent avec souplesse et naturel, dans le malicieux cheminement de sa pensée qui bondit d’associations en associations. Et ses volte-face et pirouettes italiennes sont délicieusement parfumées d’esprit latin !

Son rapport avec son grand-père Nono, donne une envergure particulièrement émouvante à ce balayage du siècle fait de contrastes délirants, où la mobilité, la vitesse, les changements ont raflé les certitudes et la sérénité. Il ose dire que pour sauver la planète il faudrait … tous mourir.

Ce spectacle est farci de paradoxes, et l’amusement, presque la liesse engendrée par son art de rire et ses multiples langages zébrés d’ironie fine, nous fait toucher au plus profond des problèmes qui nous préoccupent. Les situations à rire ou à pleurer défilent sans concessions, nous enjoignant de choisir la dolce vita plutôt que la vélocita d’une danse macabre. Pour ne pas nous appesantir sur cette soirée si légère et si grave – à se demander comment il peut pleuvoir à la sortie - disons que le comédien et l’homme montent ensemble un dialogue subtil devant un public heureux d’être là, les yeux fixés sur un zèbre débordant de talent ! Fixés ? … et ce n’est pas une injure, demandez à son grand-père!

Théâtre de la Toison d'Or Tél. : 02-510.05.10
http://www.ttotheatre.be Galerie de la Toison d'Or 396 1050 Ixelles

Écrit par : deashelle | 22/10/2010

DANS LE CADRE DE ASIA ON STAGE @ BOZAR


Le Ballet royal du Cambodge, qui puise à l’origine des grandes traditions de l’Inde brahmanique et de l’Asie du Sud-Est, fait du corps dansant une offrande à la divinité dont il reflète la perfection. Cette nouvelle création s’inspire de la quête du nectar d’immortalité (amrita) qui verra notamment le dieu Vishnou se métamorphoser en la plus belle femme du monde ( Mohini ) et la reine des Apsaras se réincarner sur terre en la princesse Méra, la fille du roi des Nagas (serpents mythologiques) qui règne au fond des Océans. Sa rencontre avec le prince Kambu verra la naissance du pays des Kambuja (né de Kambu) ou Cambodge.

Nous revoici en Asie. Asia on stage nous présente les fastes du Cambodge avec le Ballet royal du Cambodge … et la grâce, et la mythologie, et les sonorités rares, et le sourire et le rêve …. Tout d’abord des danseurs gris argent accueillent le dieu singe aux culbutes humoristiques qui livre un combat contre le masque vert, sans doute l’esprit du mal, car le dieu-singe est l’image du parfait disciple de Rama, roi mythique de l’Inde. Les jeux de têtes défient avec humour l’ennemi du Bien. Et nous somme s dans le jardin, fontaine, arbre de vie ? Deux danseuses pointent talons orteils et bras par-dessus la tortue de la longévité. Les batailles sont oubliées, les danseurs simulent un magnifique naga, esprit de bienfaisance, protecteur de Lord Bouddha. En ombres chinoises apparait une dentelle d’éléphant et de cheval mythique. La musique en percussions si typiques nous projette dans ce monde oublié ou rêvé dans les épopées fabuleuses, ici La légende de l’Apsara Méra.

Les coiffes des danseuses sont autant de stupas mobiles, équilibre et fragilité. De ravissants bracelets sertissent les bras, les sarongs couleur puce ondulent tandis que des corsages presque transparents ornés d’orfèvrerie créent un festival de beauté et de jeunesse. Arrive la princesse, dans ce jardin extraordinaire, elle a reçu un fruit d’argent qu’elle donnera au prince. . . La lenteur des gestes de séduction dansés contraste souvent avec le rythme de la musique et la mélopée de l’histoire contée en chants lancinants et beaux. Les agenouillements sont de toute beauté. Voici un spectacle empli de tradition ancestrale, de mystère et de subtilité, Les pieds pivotent, les glissements sont imperceptibles, les piétinements un langage corporel intense. Ajoutons à cela la munificence sans pareille des costumes incrustés de pierreries, les coiffes ciselées, des masques, l’insistance du gamelan, c’est un enivrement artistique que nous a donné ce merveilleux ballet ! Un peuple de danseurs de soie, jeunes hommes et jeunes femmes, souligne en mouvements perpétuels et fluides les gestes du duo amoureux comme le chœur dans une symphonie. Avec une précision et une fidélité de miroirs semés en angles divers. Comment retenir de telles images de perfection ? Il faudrait mettre ce véhicule de l’extase dans un écrin de cristal !

Auguste Rodin : "Ces Cambodgiennes nous ont donné tout ce que l'antique peut contenir ; leur antique à elles qui vaut le nôtre. Nous avons vécu trois jours d'il y a trois mille ans. Il est impossible de voir la nature humaine portée à cette perfection. Il n'y a eu qu'elles et les Grecs".

http://www.zamanproduction.com/tour2010/ballet-royal-cambodge.htm
http://www.zamanproduction.com/

Écrit par : deashelle | 22/10/2010

@boZAR

Buenos Aires tango : Café de los Maestros


Nous avons assisté à une soirée éblouissante avec ce cette reconstruction étonnante du répertoire du Rio de la Plata qui réunissait des artistes vieux de plusieurs, si pas de nombreuses décades, ceux des tout débuts. Déjà cela, est en soi, un événement grandiose !
Ajoutez l’enthousiasme débordant de ces musiciens légendaires et leur sobriété dans leur manière d’être des héros de la scène musicale qui y ont consacré leur vie entière, et vous aurez un tableau de ce que pouvait être la chaleur et la fascination de ce spectacle inouï.
Cette musique brassait tour à tour la passion, la mélancolie, la fureur, le drame, l’humour, et l’esprit cabotin. Plusieurs groupes d’artistes se relayaient, quittaient, revenaient sur scène comme les personnages d’une pièce menée par un deus ex machina invisible. Un rythme à en perdre le souffle, des sonorités étranges qui sautent des cordes ou des caisses, des bandonéons qui se répondent, marquent tour à tour le rythme et font la chanson, à peine le temps de respirer. Et ce piano, gouffre de sonorités haletantes, omniprésent, insistant, dont les notes volent aux quatre cois de la scène, brillantes, luisantes d’expression et de bonheur. Du Piazzola plein les oreilles. Une contrebasse, cinq violons, un violoncelle et les incontournables bandonéons de tout poil. On a particulièrement applaudi Jose "Pepe" Colangelo, un des deux pianistes, un comédien sans pareille. Il joue d’abord au chef d’orchestre, puis se jette sur son piano, fait des œillades au public, semblant surpris par les sons émis par ses comparses, bat la mesure du pied, fait hurler l’instrument en le caressant à rebrousse poil, fige les rythmes, arrête les musiciens, les redémarre, et entre des saccades endiablées, rame les notes de finale ! Chaque artiste, bien sûr, dont l’inénarrable Nina Miranda, l’admirable, aurait droit à un panégyrique en belle et due forme, et l’on regrette soudain de ne repérer que quelques mots de chorazon espagnol. Mais voici le couple mythique de danseurs champions du monde, Daniel Nacucchio et Cristina Sosa …… qui vient frôler la scène soudain couverte de mosaïques de lumières. Est apparu, un carré soyeux de cheveux corbeau, surmontant un dos nu, émergeant d’une robe courte, couleur féminité absolue, terminée par une légère traîne plissée virevoltante. Le couple est soudé, mais comment avoir des yeux pour le danseur quand la danseuse est si envoûtante et exquise ? Ruades cascades, renversements, genou levé, talon au fesses, martèlements : plus que tout oreille, on est tout yeux devant tant de talent chorégraphique, tant de connivence artistique dans les mouvements. Ce couple reviendra nous ravir, à plusieurs reprises, comme un refrain de bonheur entre les différents morceaux, la robe toujours renouvelée, avec ses fentes osées, brillante et changeante jusqu’à devenir noir désir. Les rappels et les applaudissements, il va sans dire, ont été interminables !


http://www.bozar.be/activity.php?id=10411

Écrit par : deashelle | 22/10/2010

26 Octobre 2010 >> 30 Octobre 2010

« Candide ou l'Optimisme » La Clarencière Théâtre littéraire

Rue du Belvédère 20
1050 Ixelles

J’ai eu la chance d’assister aux répétitions d’un petit spectacle croquignolet joué sur la scène minuscule du théâtre de la Clarencière, avec beaucoup d’élégance et de vivacité. Ce spectacle a été présenté en Avignon cet été ! Candide est désarmant, les yeux que l’on voit de près sont limpides et sans fard. Cunégonde, la mèche folle, le regard jeune et assuré, le costume ravissant, charmante, fraiche, malgré son histoire, est attendrissante. …. Pangloss, le tiers philosophique, rassurant, chaleureux et bouillant d’optimisme. Mais voilà que Cunégonde contrefait sa voix et sa personne, vieille édentée, elle conte à Candide ses aventures extraordinaires…Une pièce très dynamique pleine de mouvements, la scène sur le navire est magnifique, cela tangue jusque dans la salle ! L’eldorado est saisissant, on se croirait au Carnaval de Venise. Prestance, rythme, beau parler, que demander de plus ? Pour Candide, en fin de compte, le bonheur est dans le jardin : il faut le cultiver. Et Cunégonde d’étendre le linge au soleil des collines méditerranéennes… Pour nous réchauffer cet hiver à Bruxelles !


Avec : Lola Pauwels, Antoine Motte Dit Falisse et Jean-Louis Leclercq
Lumières : Lionel Pinchetti
Adaptation théâtrale et Mise en scène : Bernard Lefrancq

P.A.F. : 12 E - 8 E - Article 27 : 1,25 E
Réservations du mardi à vendredi de 11h00 à 18h00 et samedi de 16h00 à 18h00
N.B. Jeudi 21 - uniquement en représentations scolaires. Tél. : 02/640 46 76

Écrit par : deashelle | 22/10/2010

Avis de recherche… PAUVRE FRANCOPHONIE,

RIDEAU CHERCHE THÉÂTRE


Ce lundi 18 octobre 2010 à l’occasion d’une conférence de presse en matinée et d’une rencontre publique en soirée, Michael Delaunoy, Directeur artistique, et Jean-Marie De Backer, Président, ont exposé la situation actuelle du Rideau de Bruxelles, contraint d'envisager son avenir hors du Palais des Beaux-Arts à partir de la saison 2011-2012.

Cette conférence fait suite à l’épisode d’avril 2008 où Michael Delaunoy et Jean-Marie De Backer avaient posé la question
« Quel avenir pour le Rideau ?», alors que les représentations d’ « Elseneur » de Clément Laloy avaient dû être annulées en
raison du retard de la construction de la salle destinée à remplacer le Petit Théâtre.

Flash-Back
Le Petit Théâtre est démoli le 21 septembre 2006 sans que le Rideau en ait été averti. Après avoir renoncé à le reconstruire
sur son emplacement d’origine, le Palais des Beaux-Arts propose de le remplacer par l’Auditorium Paul Willems, une salle
provisoire installée au flanc du Palais des Beaux-Arts. La construction de l’Auditorium est finalisée en août 2008, soit avec
un an de retard. Les permis d’exploitation sont accordés pour une période de 3 ans, soit jusqu’à la fin de l’actuelle saison
2010-11.

Depuis 2008, le Rideau n’a cessé de s’inquiéter de la solution pérenne pour l’hébergement de ses activités, solution promise
par le Palais des Beaux-Arts suite à la destruction du Petit Théâtre. D’autant plus que l’utilisation de l’Auditorium Paul
Willems s’est avérée totalement insatisfaisante pour les équipes artistiques et pour le public qui s’est plaint à d’innombrables reprises.

Aujourd’hui, le Rideau est dans l’impossibilité de poursuivre ses activités à l’Auditorium Paul Willems, au-delà de la période
de 3 ans prévue par le permis d’exploitation initial et en raison de la mauvaise qualité de cette salle. Il constate l’absence de
solution pérenne pour l’hébergement de ses activités, la salle du Studio étant elle aussi soumise à de nombreuses nuisances.
Une demande de rénovation de la Salle M a été proposée par le Rideau au Palais des Beaux-Arts dès la fin 2005, qui en a
reporté régulièrement l’étude de faisabilité. Le Palais des Beaux-Arts n’est donc plus en mesure de répondre à ses
obligations, prévues dans la Convention de collaboration Rideau / Palais des Beaux-Arts, en termes de mise à disposition de
salles et des conditions de leur utilisation.

L’avenir
En recherche d’un nouveau lieu où abriter ses productions et où accueillir ses artistes et son public dès la saison 2011-12, le
Rideau est accompagné et soutenu par la Communauté française. Une concertation régulière a été mise en place entre le
cabinet, l’administration et le Rideau dans le but de trouver des solutions à court terme.



Pour plus d’informations, consultez le texte de la conférence sur www.rideaudebruxelles.be

Envie de nous suggérer des pistes pour dénicher le lieu idéal?
Envie de soutenir le Rideau?

rideaucherchetheatre@rideaudebruxelles.be

Merci

Écrit par : deashelle | 22/10/2010

Les commentaires sont fermés.