15/11/2007

Place au Théâtre

Le Mensuel, le magazine qui égratigne l’actualité

Après le succès de l’Hebdo du lundi, la compagnie liégeoise Pi 3 ;14  nous revient avec un rendez-vous mensuel. Un JT déjanté où les informations s’enchaînent. Sauf qu’ici, on est au théâtre et que François de Brigode est remplacé par cinq comédiens au regard décalé, tous issus du Conservatoire Liège. Et puis surtout, on rit… Comment le théâtre peut-il être en connexion directe avec la réalité ? C’est la réflexion que la compagnie Pi 3,14 se pose depuis sa création en 1999. Travaillant sur des formes particulières, cette compagnie, dirigée par Renaud Riga, questionne la fonction de la scène aujourd’hui dans la perspective d’un décloisonnement de la pratique théâtrale. Proposer un magazine d’actualité est une forme qui permet de réagir au plus vite sur ce qui se passe tous les jours. Est-ce l’idéal ? Est-ce une gageure ? Pour Baptiste Isaia, comédien, c’est certainement encore « une charnière ou une étape de travail ».La formule mensuelle permet la décentralisation du spectacle à Bruxelles et dans la région de Huy mais, pour être au plus près de l’actualité, le texte est écrit et monté en une semaine. Chaque comédien épluche la presse et arrive avec les dépêches qu’il a envie de traiter. Avec l’aide d’un journaliste pour les sujets plus délicats, trois jours suffisent pour boucler le contenu. Reste à mettre en scène et à répéter.Pendant 1h15, le public assiste à un “Journal théâtral” structuré en 20 rubriques. Du chapitre sur la famille royale à celui des voisins, de la rubrique “vie mode d’emploi” à la météo, du jeu concours aux actualités, de la tribune culturelle à la chanson engagée, on voyage en images comme on peut le faire en parcourant Point de vue, Gael ou La Libre Belgique. Et que l’on ne s’attende pas à une information “neutre et objective” : le Mensuel est un spectacle d’opinions, non d’informations !« Le théâtre est politiquement dirigé. Notre “Mensuel” nous ressemble, explique Baptiste Isaia. On y donne notre avis sur la manière de traiter les informations, mais aussi sur le contenu lui-même. On assume entièrement notre subjectivité comme nos éventuelles erreurs. » Se moquer d’un futur probable Premier ministre qui ne connaît pas la Brabançonne en français ou d’un coaching à l’américaine pour chômeurs ne sera peut-être pas du goût de tous. Et pourtant, cet humour grinçant et politiquement incorrect est loin du cynisme ou de l’aigreur. De la farce à la parodie, de la littérature à la musique, du cinéma au duplex, on retiendra encore ce Monsieur Météo déprimé qui nous annonce le temps en alexandrins : « Il fera dégueulasse, il faudra qu’on s’y fasse. »Entre la scène et un public (de plus en plus) fidèle, la connivence s’installe. « Nous avons aussi notre série, continue Baptiste Isaia. Aidés par quelques auteurs belges, nous proposons notamment “Panique au Forem”, un feuilleton insoutenable et dramatique en sept épisodes écrit par Nicolas Ancion. » Et si lors de la prochaine soirée pluvieuse, on se disait avec eux “No TV tonight ” ? Christelle Brüll

 

09/11/2007

Libre Belgique (Critique)

Dose de rire mensuelle, à consommer par étapes
Marie Liégeois

Mis en ligne le 09/11/2007
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La Cie Pi 3,14 poursuit son exploration de l'actualité. Posologie : une fois par mois.

L e Mensuel, le magazine théâtral qui vous déshabille". Un petit air de surréalisme bien de chez nous pour donner d'emblée le ton du spectacle : incisif et grinçant.Epluchant chaque mois l'actualité, les cinq joyeux drilles du "Mensuel" ont décidé de relever notre quotidien d'une sauce piquante. Pour livrer une sorte de JT de la scène, séquences, reportages et feuilletons à l'appui.Tout à la moulinetteDans un décor inventif de carton-pâte, Renaud Riga, Baptiste Isaia, Eugène Egle-Corlin, Sandrine Bastin et Sandrine Bergot passent à la moulinette l'orange bleue ainsi que Philippe, Mathilde et la marmaille, les dérives du capitalisme comme les inepties de la situation politique, les bêtises du racisme et la flambée du prix du pétrole.Des brèves qui jouent au ping-pong entre les nouvelles du monde, une vidéo loufoque relatant les charmes de la Belgique profonde, un gang s'adonnant en direct à une prise d'otage bidon, un plaidoyer féroce, en ces temps d'incertitude politique, pour le Grand Jojo et ses chansons : l'équipe s'amuse autant que le public dans cette revue déjantée.Les succulents personnages, quoiqu'inégaux de scène en scène où pointe parfois l'improvisation, émaillent le spectacle. Pétris de bon sens ou de cynisme, décalés et pertinents. Avec une mention spéciale à l'exquis Monsieur Météo de Renaud Riga qui, en tirades larmoyantes, passe en revue la couleur du ciel et ses propres états d'âmes.La compagnie a fait également appel à l'écrivain Nicolas Ancion pour un feuilleton à suivre au fil des mois, "Panique au Forem". Une certaine image de la Wallonie, désopilante et désespérante à la fois...Les cinq comédiens, dynamiques et chaleureux, tissent un spectacle tout en complicité et connivence avec un public participatif. Qui risque d'attendre la suite avec impatience.Cela tombe bien : ce condensé de farces, bons conseils et coups de gueule se consomme une fois par mois."Le Mensuel", ce 9/11 au centre culturel Wanze (085.21.39.02), les 3 et 4/11 au Théâtre de la Place à Liège (04.342.00.00), le 6/12 au Centre culturel Jacques Franck à Bruxelles (02.538.90.20), le 7/12 au centre culturel d'Engis (085.31.37.49). La suite de la tournée passera aussi par la Balsamine et le Théâtre de L'L, à Bruxelles.

La Libre Belgique.

08:40 Écrit par Mr Machin dans MENSUEL - infos | Lien permanent | Commentaires (52) |  Facebook |

Le jour (critique)

Un éclat de rire pour démarrer
Du jeune, de l'actuel, de l'anti-dépresseur, de l'anti-oxydant, c'était le démarrage de la saison théâtrale 2007-08 au centre culturel avec «Mensuel». «Mensuel», c'est d'abord une équipe phénomène. Six jeunes comédiens qui ont le théâtre dans le sang et comme trait commun le sens du rire intelligent. Pendant trois semaines, chacun vaque à ses activités et dévore la presse. La quatrième, ils se réunissent et trouvent moyen de concocter, d'écrire et de répéter un spectacle de 90 minutes. Valable un mois, pas un jour de plus! Le mois suivant, tout sera récrit, avec de nouvelles vidéos. Car un spectacle qui vit de l'actualité se doit d'intégrer les techniques nouvelles y compris toutes les ressources de la vidéo, de préférence sur écran géant.Autre paramètre très tendance, l'ambivalence des comédiens qui se révèlent tous les cinq d'étonnants chanteurs et musiciens. Le pétulant quintet qu'ils forment nous met en accord avec les rythmes d'aujourd'hui. Ils appartiennent à la Compagnie liégeoise «Pi 3,14» et leur nom mérité d'être retenu, Renaud Riga, Baptiste Isaia, Anne Leclercq, Sandrine Bastin, Sandrine Bergot et Eugène Egle-Corlin. Quant au programme du spectacle, sa variété même renforce sa séduction. La politique se taille la part belle, célébrant - qui s'en étonnerait? - notre 117e «jour sans» depuis les urnes de juin, avec une rétrospective hautement personnalisée de la saga des informateurs, démineurs et autres explorateurs, dans l'attente d'un messianique terminateur.«Panique à l'Onem» Les autres chroniques parodiant celles de notre presse familière ne sont pas en reste. Un couple teste dans une baignoire les conseils aphrodisiaques d'une revue réputée pour. Au chapitre des sports, une conversation de bon voisinage disserte sur le doping de nos vedettes adulées. Un feuilleton en sept épisodes «Panique à l'Onem» nous partage les délires de Nicolas Ancion sur le chômeur wallon, héros du XXIesiècle prenant le relais de ceux des westerns et de la littérature policière qui illustrèrent le XXe. Un entretien intime de la famille royale nous fait son petit «Place royale», et un joli texte du Flamand Kris Cuppens sur le «Flou belge» nous prouve que la poésie peut se faire complice de la farce la plus ébouriffante. Les décors sont irrésistibles de drôleries et d'ingéniosité.Tout cela bien sûr sent un peu le premier jet, avec tout ce que cela implique de spontanéité, sans trop de sévérité dans la sélection, mais avec tout ce que peuvent avoir de charme acide les fruits un peu verts qu'on ne voudrait pas voir trop mûrir. Pour ceux qui ont manqué le coche, ils peuvent le rattraperdans les différents centres culturels de la région: Wanze (9/11); Engis (7/12); à Saint-Georges (2/02), à Fallais (11/04) et à Amay (9/05)Jacques HENRARD

07/11/2007

MENSUEL - la chanson

Sandrine Bergot

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... présentation des séquences de "MENSUEL" ...

"la chanson"
interpétée par Sandrine Bergot. Parole de Patrick Delamalle et musique de Quentin Halloy