09/11/2007

Le jour (critique)

Un éclat de rire pour démarrer
Du jeune, de l'actuel, de l'anti-dépresseur, de l'anti-oxydant, c'était le démarrage de la saison théâtrale 2007-08 au centre culturel avec «Mensuel». «Mensuel», c'est d'abord une équipe phénomène. Six jeunes comédiens qui ont le théâtre dans le sang et comme trait commun le sens du rire intelligent. Pendant trois semaines, chacun vaque à ses activités et dévore la presse. La quatrième, ils se réunissent et trouvent moyen de concocter, d'écrire et de répéter un spectacle de 90 minutes. Valable un mois, pas un jour de plus! Le mois suivant, tout sera récrit, avec de nouvelles vidéos. Car un spectacle qui vit de l'actualité se doit d'intégrer les techniques nouvelles y compris toutes les ressources de la vidéo, de préférence sur écran géant.Autre paramètre très tendance, l'ambivalence des comédiens qui se révèlent tous les cinq d'étonnants chanteurs et musiciens. Le pétulant quintet qu'ils forment nous met en accord avec les rythmes d'aujourd'hui. Ils appartiennent à la Compagnie liégeoise «Pi 3,14» et leur nom mérité d'être retenu, Renaud Riga, Baptiste Isaia, Anne Leclercq, Sandrine Bastin, Sandrine Bergot et Eugène Egle-Corlin. Quant au programme du spectacle, sa variété même renforce sa séduction. La politique se taille la part belle, célébrant - qui s'en étonnerait? - notre 117e «jour sans» depuis les urnes de juin, avec une rétrospective hautement personnalisée de la saga des informateurs, démineurs et autres explorateurs, dans l'attente d'un messianique terminateur.«Panique à l'Onem» Les autres chroniques parodiant celles de notre presse familière ne sont pas en reste. Un couple teste dans une baignoire les conseils aphrodisiaques d'une revue réputée pour. Au chapitre des sports, une conversation de bon voisinage disserte sur le doping de nos vedettes adulées. Un feuilleton en sept épisodes «Panique à l'Onem» nous partage les délires de Nicolas Ancion sur le chômeur wallon, héros du XXIesiècle prenant le relais de ceux des westerns et de la littérature policière qui illustrèrent le XXe. Un entretien intime de la famille royale nous fait son petit «Place royale», et un joli texte du Flamand Kris Cuppens sur le «Flou belge» nous prouve que la poésie peut se faire complice de la farce la plus ébouriffante. Les décors sont irrésistibles de drôleries et d'ingéniosité.Tout cela bien sûr sent un peu le premier jet, avec tout ce que cela implique de spontanéité, sans trop de sévérité dans la sélection, mais avec tout ce que peuvent avoir de charme acide les fruits un peu verts qu'on ne voudrait pas voir trop mûrir. Pour ceux qui ont manqué le coche, ils peuvent le rattraperdans les différents centres culturels de la région: Wanze (9/11); Engis (7/12); à Saint-Georges (2/02), à Fallais (11/04) et à Amay (9/05)Jacques HENRARD